Nature Un verger de sauvegarde implanté le long de la Savoureuse
Le verger de la promenade François-Mitterrand se transforme en verger de sauvegarde. Photo Céline Mazeau
Qui a déjà goûté à l’abondance de Belfort ? C’est une pomme jaune striée de rouge, une rareté. Certains pourront un jour en cueillir le long de la promenade François-Mitterrand, là où la Ville et les Croqueurs de pommes sont en train de créer un verger de sauvegarde.
La plupart des arbres sont là depuis quelques années, plantés dans le cadre de l’aménagement de la promenade François-Mitterrand entre la Savoureuse et l’avenue Jean-Moulin, à Belfort. Une trentaine de fruitiers qui ont poussé à deux pas des promeneurs et qui maintenant se trouvent au cœur d’un projet mené par la Ville, en partenariat avec l’association les Croqueurs de pommes.
La semaine dernière, lors de la réunion du conseil municipal, le maire de Belfort a fait un point de situation sur les actions menées par la Ville dans le cadre du développement durable. Parmi les axes de travail : la défense des milieux naturels et de la biodiversité. C’est dans cette optique que la Ville s’est lancée au printemps dernier dans la transformation du verger de la promenade Mitterrand en verger de sauvegarde. L’idée : protéger le patrimoine génétique fruitier régional. Bref, donner leur chance à toutes ces espèces d’antan, ces fruits de terroir qui, sinon, tomberaient dans l’oubli.
Biodiversité
Plusieurs variétés anciennes ont d’ores et déjà été implantées par greffe ou plantation directe, le long de la Savoureuse. Parmi celles-ci : l’abondance de Belfort, une variété qui donne (à profusion, d’où son nom) de petites pommes jaunes striées de rouge ; une variété qu’il est devenu difficile de trouver dans la région. Michel Bonfante, président pour le Nord Franche-Comté de l’association des Croqueurs de pommes raconte qu’il avait mené l’enquête il y a quelques années dans l’Aire urbaine : « Je n’avais trouvé qu’un arbre, à Courcelles-lès-Montbéliard. »
Dans les mois qui viennent, une trentaine d’autres arbres vont être plantés, d’autres variétés locales rares. Au cours du printemps, précise Céline Raigneau, adjointe au maire chargée de l’environnement, le service des espaces verts va planter une haie autour du verger ; une haie vive très fleurie et pleine de petits fruits. L’objectif : attirer les oiseaux qui mangeront les espèces qui s’attaquent aux fruitiers.
Justement, à propos de manger. À qui reviendront les fruits à terme ? « Aux promeneurs, aux riverains immédiats », répond Céline Raigneau.
Michel Bonfante, lui, souligne qu’il faudra surtout être patient : les arbres ne produisent pas encore, dit-il. Et ne le feront pas avant quatre ou cinq ans. Quand ce temps sera arrivé, les Croqueurs de pommes revendiqueront seulement la possibilité de cueillir quelques fruits de certaines variétés pour faire des expositions.








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