Transports Gare TGV : 440 000 voyageurs en neuf mois
L’ouverture de la gare TGV a donné de la « lisibilité » aux entreprises belfortaines dont le siège est à Paris. Photo d’archives Xavier Gorau L’ouverture de la gare TGV a donné de la « lisibilité » aux entreprises belfortaines dont le siège est à Paris. Photo d’archives XG
440 000 voyageurs ont passé le parvis de la gare TGV Belfort-Montbéliard du 1 er janvier au 30 septembre. Bilan satisfaisant, même si des progrès restent à faire, notamment vers la Suisse et les « petits » usagers.
Malgré la crise, le trafic voyageurs enregistré à la nouvelle gare TGV de Belfort-Montbéliard est « satisfaisant » et « stable ». Les chiffres énoncés mercredi à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Belfort par les représentants de la SNCF, dont le directeur délégué aux affaires territoriales, ont ouvert la réunion du Club TGV Rhin-Rhône en présence d’élus et de chefs d’entreprise.
440 000 voyageurs de janvier à septembre inclus, 500 000 à Besançon, la fréquentation correspond aux attentes, selon la direction de la SNCF. Les déplacements sont à 60 % « en radial » : de la province à Paris. Les échanges avec la Suisse et l’Allemagne via TGV RR restent confidentiels.
À ce jour, les Suisses préfèrent prendre le TGV à Bâle. « Les voyageurs ont besoin d’une navette depuis Delle, et de pouvoir acheter un billet de bus. » Colette Dazy, qui représente le bon sens et les besoins du consommateur moyen, rappelle que tout le monde n’est pas équipé d’un portable, ni ne peut l’utiliser à la frontière suisse. Opposée à Christian Proust, piqué par différentes remarques de la salle, le temps de parole de la représentante de l’Association des usagers des transports de l’Aire urbaine (Autau) et de la FNAUT n’a pas été équitable. Mais rendez-vous est pris.
La réussite de la gare TGV, selon le point de vue d’où l’on se place, est à moduler. Elle en est une pour les chefs d’entreprise : ils ont remplacé l’avion par le train et disent gagner de la lisibilité par rapport à Paris. Le centre Téléperformance a témoigné d’une évolution favorable à Belfort à la suite de la visite de « Parisiens ».
La gare TGV est un bel outil mais présente bien des défauts pour les usagers qui, dans la majorité, ne bénéficient pas des services d’un taxi et sont donc confrontés à la liaison domicile-gare. Ils demandent un dépose-minute plus pratique, soulignent un problème de paiement à borne, le tarif jugé trop élevé du parking et un problème de signalisation intérieure. Pour eux, la solution serait une navette.
Le bilan des représentants des taxis est mitigé : la gare TGV est utilisée par les entreprises qui vont bien, pas par le particulier. Il semble que les déplacements à la journée se multiplient, au détriment de l’hôtellerie.
Témoignage à retenir, celui d’Alstom, où l’on a recruté des cadres de haut niveau désireux de venir travailler à Belfort, centre d’expertise… mais pas d’y vivre en famille.
Les gains de temps annoncés le sont en terme de transport purs, mais ne prennent pas en compte les déplacements jusqu’à la nouvelle gare. Les salariés pendulaires ne sont pas toujours gagnants.
Et en 2013 ? Une nouvelle liaison entre Bâle et Marseille se substituera à la relation Strasbourg-Lyon. « Je regrette une moins bonne desserte de Lyon avec un départ retardé à 8 h 33 au lieu de 7 h 33 », commente M me Dazy. En revanche, ceux qui rentreront de Paris auront un départ supplémentaire le samedi, et plus tardif (19 h 23) à partir d’avril 2013. « Notre capacité au quotidien augmentera progressivement grâce à la rénovation d’une dizaine de rames TGV sud est par an. »
Enfin, dossier à suivre de près : la ligne Belfort-Delle pourrait ne pas être livrée en 2015. La présidente de région a « fait le tour des ministères », mais les élus ne peuvent donner de nouvelles informations précises. La procédure est suspendue depuis juillet, date du conseil d’administration de Réseau ferré de France (RFF), alors que la majorité des financements est acquise. « Nous sommes en train de perdre encore six mois, la réouverture en 2015 est compromise », soupire Colette Dazy. Côté décideurs locaux, rassemblés autour du président de la CCI Alain Seid, les expériences semblent toutes positives. Le retour dans la journée est très apprécié.








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