Nature Quatorze moutons et chevrettes égorgés depuis début août à Auxelles-Haut
Les brebis et les chèvres ne paissent qu’à quelques dizaines de mètres du corps d’habitation de la ferme de Sandrine Gouat. Photo Dominique Lhomme
Nous l'annoncions ici hier matin, un prédateur s’attaque régulièrement à un troupeau de moutons à Auxelles-Haut, dans le Territoire de Belfort. Dernière agression mortelle : vendredi dernier. S'il n'y a aucune certitude, le loup fait un coupable très crédible.
Sandrine Gouat exploite la ferme élevage des Champs Lambert à Auxelles-Haut (Territoire de Belfort) depuis 2003. Elle n’avait jamais été confrontée à une attaque de son troupeau, qui compte aujourd’hui une cinquantaine de têtes.
Les agressions ont lieu la nuit et se répètent depuis le début du mois d’août (notre exclusivité d'hier). Aujourd’hui, au total, huit brebis et six chevrettes ont été attaquées et des agneaux ont également disparu. Il y a environ une quinzaine de jours, le ou les prédateurs ont tué quatre moutons dans la même semaine. Et ceux-ci ne font pas dans le détail. Ils égorgent le mouton pris pour cible, le dépècent, enlevant parfois un gigot que Sandrine Gouat ne retrouve pas dans la pâture. La dernière agression remonte à vendredi.
La direction départementale des Territoires et l’Office national de la chasse ont été prévenus à chaque attaque.
« Ils sont venus lundi et reviennent aujourd’hui poser plusieurs pièges photo pour parvenir à identifier le prédateur, précise Sandrine Gouat. Ils en avaient déjà placé un après une précédente attaque, mais cela n’avait rien donné. Il s’en est fallu de peu, puisqu’une nouvelle bête s’est fait manger à trois mètres de l’appareil. On a laissé le cadavre sur place et, le lendemain, des renards et des buses s’en étaient occupé. »
Vu la violence de l’attaque, le prédateur n’est pas un renard et la piste d’un ou plusieurs chiens ne semble pas plausible. Faut-il accuser le loup, dont la présence dans le massif des Vosges a déjà été constatée ? « C’est certainement un gros prédateur, car les morsures sont très importantes », affirme Sandrine Gouat.
« Je ne pense pas que ce soit un chien, explique son mari. Vu le type d’attaque. Systématiquement, les chiens, quand ils attaquent, ils mordillent leur proie, ils jouent avec et ils en attrapent plusieurs en une seule fois. Ici, ce n’est pas le cas, il n’y a à chaque fois qu’une proie, toujours attaquée directement au cou, et le prédateur enlève un gigot ou une épaule. Souvent, le ou les prédateurs ont prélevé l’arrière complet de la bête. »
La nuit dernière, elle a entendu un remue-ménage dans la pâture située à quelques dizaines de mètres seulement du corps d’habitation de la ferme.
« Vers 2 h, on n’y voyait pas grand-chose à cause de la brume, mais le troupeau courait dans tous les sens. L’autre nuit, c’étaient les chevaux qui étaient complètement affolés. J’ai pris les jumelles infrarouges prêtés par les gardes nature et j’ai vu le cheval complètement en sueur traverser la pâture. On ne dort plus, mais je n’ai pas envie de perdre plus de bêtes. » D’ailleurs, Sandrine Gouat doit régulièrement compter son cheptel. « À une période, je les rentrais le soir dans la bergerie, mais je ne peux tout de même pas le faire chaque soir, indique-t-elle. J’espère simplement que l’animal soit identifié rapidement et mis hors d’état de nuire. »








pour ajouter le tag de la page à vos tags favoris.
effacer tout


Vos commentaires
Vous devez vous connecter pour poster un commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Se connecter