Université Cinquante ans de formation d’ingénieur dans l’Aire urbaine
L’Assidu, l’association des ingénieurs de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, a prévu d’organiser plusieurs événements à l’occasion de cette année anniversaire. Photo Céline Mazeau
L’association Assidu fêtait hier 50 ans de formation d’ingénieur dans le Nord Franche-Comté. Une longue histoire et une ambition toujours présente.
Il y a l’UTBM (Université de technologie de Belfort-Montbéliard), il y a eu l’Enibe (École nationale d’ingénieurs de Belfort), l’UTCS (une antenne de l’université de Compiègne) et l’IPsé (Institut polytechnique de Sevenans) ; une série d’acronymes et d’écoles mais une même histoire : cinquante ans de formation d’ingénieur dans l’Aire urbaine.
Pierre Lamard le souligne : il y a là une continuité et une ambition commune. L’historien, invité à intervenir hier, lors du colloque organisé par l’Assidu, l’association des ingénieurs diplômés de l’UTBM, est revenu sur la génèse de cette formation technologique supérieure.
Il décrit le bastion industriel qu’est depuis longtemps le Nord Franche-Comté, le poids de Sochaux à la fin des années cinquante (17 000 salariés) celui d’Alsthom (10 000 salariés) et le besoin en ingénieurs. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une école dans l’Aire urbaine, une idée portée par la forte volonté d’Alsthom et des collectivités locales. Mais les débuts n’ont pas été faciles : le ministère ne voulait pas de cet établissement. Les débuts furent donc « héroïques », comme tous les débuts.
42 « pionniers »
La première promotion d’étudiants-ingénieurs en 1962 n’avait pas de locaux dédiés (elle suivait les cours au lycée technique) ni beaucoup d’argent. Christian Cuillery, qui fut l’un des 42 étudiants « pionniers » « à la conquête de l’Est », n’en garde pas un mauvais souvenir. Loin de là. Il raconte le dortoir avec ses boxes étroits, les outils des étudiants (règles à calculs, té et papier-calque) bien avant l’avènement de l’informatique. Il dit surtout tout ce que ces années passées à Belfort lui ont apporté : « Nous avions une formation solide, pas seulement technique mais humaine. » Une formation, laisse-t-il entendre, qui autorise toutes les ambitions. Son cursus en témoigne : il a fini sa carrière comme p.-d.g. de Ionics Europe. « Je suis fier de ce qu’est devenue cette école, internationalisée. Je suis content que les fondations que nous avons contribué à construire soient à l’origine de ce qu’est l’UTBM aujourd’hui. »
L’Éni qui n’était au départ qu’une section devient École nationale d’ingénieurs de Belfort en 1964. Au début des années quatre-vingt, l’enseignement technologique supérieur est renforcé dans l’Aire urbaine avec l’implantation d’une antenne de l’université de Compiègne, voulue par les politiques locaux : c’est l’UTCS qui devient l’IPsé, institut polytechnique de Sevenans, en 1991. L’UTBM, fusion des deux établissements, naît en 1999. Au fil des ans plus de 11 500 ingénieurs ont été formés dans l’Aire urbaine, 9 270 sont encore en activité aujourd’hui.
Sur les cinq continents
Et l’histoire n’est pas finie à en croire Pascal Brochet. Hier le directeur de l’UTBM a évoqué ce que pourrait être l’université dans 50 ans : une entité implantée sur cinq continents à Shanghai – où elle est déjà présente – Moscou, São Paulo, et Marrakech et forte de 30 000 étudiants. Cet avenir, dit-il, se prépare dès aujourd’hui et ne peut se concevoir que via des alliances avec le PRES (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) Bourgogne-Franche-Comté et le réseau des universités de technologie. « Il nous faut de l’agilité. Nous avons un vrai destin, nous devons travailler à le réaliser. » Pas de doute : l’ambition est toujours là.








pour ajouter le tag de la page à vos tags favoris.
effacer tout


Vos commentaires
Vous devez vous connecter pour poster un commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Se connecter