Territoire de Belfort Caches d’armes : le 4 e suspect a été mis en examen et écroué

le 21/10/2012 à 05:00 Pascal Chevillot
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Pendant la perquisition à Danjoutin le 22 septembre.  Photo ER

Pendant la perquisition à Danjoutin le 22 septembre. Photo ER

Le gérant d’une pharmacie de Belfort a été mis en examen hier à Paris pour « infractions à la législation sur les armes en bande organisée » après la découverte, chez sa belle-mère à Chèvremont, d’un véritable arsenal.

« Le suspect est quelqu’un de serviable. Il m’arrivait de parler avec lui. » À Chèvremont, près de Belfort, les habitants n’en revenaient toujours pas, hier, de la découverte d’une importante cache d’armes dans leur localité, mercredi (notre édition d’hier). Dans une grande discrétion, selon les voisins, les policiers y ont saisi 38 fusils d’assaut, dont des M16, des Uzi et une Kalachnikov, 150 armes de poing (des HK et des Glock), des grenades offensives et défensives, plus de 200 kg de cartouches et 500 grammes d’explosifs. Ce stock était rangé dans trois armoires fortes au domicile d’une femme de 80 ans. En fait, elles y avaient été entreposées par son gendre, un Belfortain de 46 ans.

L’élément le plus étonnant de cette affaire : le suspect n’a rien d’un gangster ou d’un trafiquant. Il s’agit d’un « notable au-dessus de tout soupçon », un homme établi, sans casier judiciaire. Cet élément faisait supposer aux voisins une possible erreur judiciaire pour ce gérant d’une pharmacie de Belfort. En fait, l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) le suspecte d’être une « nourrice ». Ce terme qualifie une personne chargée de stocker des produits interdits comme des armes ou des stupéfiants. L’a-t-il fait pour rendre service à un ami d’enfance ? C’est ce que pense sa belle-mère. Toujours est-il que Jean-Michel Cordonnier a été mis en examen pour infractions sur les armes et association de malfaiteurs. Il a été écroué, pour les besoins de l’enquête. Il est le quatrième mis en examen d’une affaire de trafic d’armes à tiroirs.

Chez le premier, Emmanuel Toschi, une première cache d’armes a été découverte le 22 septembre dernier dans un garage de Danjoutin. « Un garçon charmant », selon ses connaissances, qui avait ses habitudes au centre de Belfort. Considéré par les enquêteurs comme un orfèvre dans l’art de la remilitarisation d’armes de collection, il était ami du nouveau mis en examen. Lui affirme n’être qu’un collectionneur. Il faisait effectivement les salons et foires aux armes de l’Hexagone pour achat et revente. Il avait notamment créé une société, Direct Import Ventures, consacrée à la vente de silencieux et au montage de lunettes.

Passionné par les armes depuis sa plus tendre enfance, il était en contact avec Christian Joannec, un Corse de la région de Balagne. Soupçonné d’avoir appartenu par le passé au groupe armé Armata Corsa, celui-ci a été interpellé au péage de Saint-Maurice-Colombier-Fontaine (Doubs) alors qu’il venait de faire son marché en armes dans le Territoire de Belfort.

M. Toschi avait également des liens commerciaux avec Jean-Marie Secretan. Figure du gangstérisme, ce dernier a eu maille à partir avec la justice pour des vols à main armée. Sa surveillance par l’OCLCO a permis de remonter jusqu’aux autres suspects. Une affaire qui n’est pas finie. De sources policières, d’autres interpellations et saisies d’armes sont d’ores et déjà prévues.

le 21/10/2012 à 05:00 Pascal Chevillot

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