Commerce Les Suisses représentent un quart des clients dans les supermarchés de Delle
Les clients suisses représentent une part non négligeable dans les commerces de Delle. Mais cette part a régressé depuis un an. Photo Alexis Beuscart
Le long de la frontière franco-suisse, le boom des ventes lié aux variations du taux de change a vécu, pour quasiment revenir à la normale. Les Suisses constituent quand même une bonne part de la clientèle.
Delle, point de passage obligé vers la Confédération helvétique, est finalement la seule zone de l’Aire urbaine où la clientèle suisse a un réel impact commercial. L’an dernier, avec un taux de change qui frôlait la parité entre l’euro et le franc suisse au mois d’août, nombreux sont les clients qui passaient la frontière pour consommer en France à moindre frais.
Un an après, alors que le franc suisse reste fort par rapport à l’euro (1,20 franc pour 1 euro), force est de constater que l’embellie pour les commerçants de Delle n’a pas duré.
« L’effet est retombé, confie le directeur d’un supermarché qui a souhaité conserver l’anonymat. Sur la fin d’année dernière, ça a joué un peu mais, depuis, ça s’est stabilisé. En toute honnêteté, il n’y a pas eu une montagne de retombées. »
« Le taux de change est toujours avantageux, mais le nombre de clients suisses reste à peu près pareil, explique de son côté Taline Sabbagh, gérante du magasin de vêtements Maral et David. Il faut dire qu’ils ne trouvent pas tout ce qu’ils veulent là-bas. Mais, quand en plus il y a un taux de change attractif, c’est mieux. »
À Delle, la poussée du taux de change de l’an dernier a apporté un surcroît de clientèle qui s’est dissipé en grande majorité par la suite. « Après avoir eu 15 à 20 % de clients suisses dans les années 1980, nous étions tombés à 1 %, raconte Catherine Mathieu, responsable de la parfumerie « Cathy ». C’est vrai que, l’an dernier, avec la parité, nous avions récupéré une clientèle suisse, peut-être jusqu’à 10 %. En juillet-août 2011, notre chiffre d’affaire avait nettement progressé. Depuis, il a diminué. Ce qui est sûr, c’est que nous avons davantage de Suisses qu’il y a deux ans. »
Dans certains commerces dellois, les Suisses peuvent représenter jusqu’au quart de la clientèle. Mais, malgré le taux de change qui leur reste profitable, cette part ne progresse pas. « Le taux de change n’a pas boosté les ventes plus que cela auprès de nos voisins, indique-t-on du côté d’Optic 2000. D’année en année, je dirais même que ça diminue. Il faut dire qu’au niveau de l’optique, les gros discounteurs envahissent le Jura suisse. Nous avons moins de Suisses qui viennent chez nous mais, ça reste toujours une part non négligeable. »
La question est donc de fidéliser ces consommateurs un peu particuliers, car dépendants des aléas économiques. « C’est une clientèle sur laquelle on ne peut pas compter tout le temps, car elle est très liée au taux de change, reprend Catherine Mathieu. Mais nous avons déjà de la chance de les avoir ! »








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