Lecture La citadelle, théâtre d’un polar pour la jeunesse
« Mystère à la citadelle » est le premier roman de Roselyne Bertin se déroulant à Belfort, avec la rousse Ninon. Photo Karine Frelin
Roselyne Bertin, qui sera présente cette année encore à la Foire aux livres de Belfort, signe un polar dont l’intrigue se déroule dans les souterrains de la citadelle. Un lieu qu’elle a longuement étudié avant d’y poser son histoire.
À Belfort, on ne voit pas la mer. Et Belfort, c’est « moche et triste, une ville archinulle. Une ville grise que je n’aimais pas », soupire Ninon, l’héroïne de Mystère à la citadelle, paru mercredi chez Rageot, dans la collection Heure noire. Un polar qui n’a rien d’engageant pour la Cité du Lion, au premier abord. Mais Roselyne Bertin, qui connaît bien la ville, ne s’arrête pas là ces a priori : Ninon va découvrir à Belfort des tas de qualités insoupçonnées, au cours d’un parcours initiatique qui prend la citadelle pour théâtre principal.
Un rat, un SDF et un fait divers tragique
« J’ai traîné longuement à la citadelle, fait des plans, des photos, je voulais que les lieux soient fidèles et que l’histoire reste lisible aux lecteurs d’ailleurs », raconte cette Drômoise d’adoption, Marseillaise d’origine, qui a vécu et travaillé vingt-six ans en Franche-Comté. Et quand elle est arrivée, pour son premier poste de prof de lettres, à Étupes, au collège Paul-Langevin, « j’ai éprouvé ce petit côté désespéré de Ninon, le sentiment de se trouver dans un endroit qu’on n’a pas choisi… »
D’autant que les débuts de Ninon au collège, où elle entre en sixième, ne sont pas des plus idylliques : elle est prise en grippe d’entrée de jeu par un élève, s’isole en classe, se protège, jusqu’à ce qu’elle explose de rage pendant un cours de sport. Il n’y a plus, du collège Vauban où la scène se passe, qu’à retraverser le quartier des Glacis pour débouler à la citadelle où Ninon croise le chemin… d’un rat, qu’elle va peu à peu apprivoiser. « Je voulais, comme dans mes précédents polars, qu’un animal prenne de l’importance. Le rat est un animal possible à la citadelle et il peut être apprivoisé. Il va même jouer un rôle prépondérant. » Car dans la citadelle, juste au-dessus du Lion, il se passe des choses étourdissantes, pas si éloignées de la réalité. Un adolescent y trouve même la mort, poignardé. « C’est vrai que mon histoire rappelle un fait divers tragique », atteste Roselyne Bertin, mais il n’est que pure coïncidence, puisque l’histoire n’a rien à voir avec la mort, il y a deux ans, de Pierre Nasica.
Dans les souterrains de la citadelle, il y a certes une bande de voyous fort peu recommandables, mais aussi un SDF au grand cœur, qui n’aime pas qu’on le dérange. Firmin, c’est son nom, « est un élément essentiel à l’histoire », explique l’auteure, qui a mis un soin particulier à monter le décor de son intrigue, « un polar est un gros travail puisqu’il s’agit de partir de différents points de vue ».
Le point de vue sur la citadelle, d’ailleurs, était imprenable depuis l’Atria où elle se rend chaque année : « C’est d’ailleurs à la Foire aux livres que l’idée m’est venue. J’avais toujours le château sous les yeux. Et je n’ai qu’une parole : j’avais dit aux classes que je visitais que j’écrirais une enquête sur Belfort. Il a juste fallu le temps que le livre prenne sa place dans ma vie ». Cette année encore, rendez-vous est pris avec quatre collèges, De Vinci et Signoret à Belfort, Camille-Claudel à Montreux-Château et Mozart à Danjoutin. Les rencontres auront lieu en janvier, et même un atelier d’écriture en mai, relié à une école élémentaire de Danjoutin.
Mystère à la citadelle est d’ailleurs accessible aux élèves dès le CM2, l’intrigue est haletante et les petits Belfortains vont se plaire à placer leurs pas dans les pas de Ninon, des Glacis jusqu’à la Vieille ville. Pourquoi, d’ailleurs, ne pas imaginer un jeu de piste sur ses traces ? Le risque de rencontrer les méchants de l’intrigue devrait être minime.
DÉCOUVRIR À partir de 10 ans, « Mystère à la citadelle », Roselyne Bertin, Rageot, coll. Heure noire, 6,90 €.
RENCONTRER Roselyne Bertin dédicacera ses livres à la Foire aux livres durant le week-end jeunesse, les 20 et 21 octobre à l’Atria.








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