Danjoutin Le rocambolesque scénario d'une livraison d'armes de guerre

le 25/09/2012 à 18:36 Pascal Lainé avec AFP
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Partiellemetn masqué par la porte du garage, un stock de kalachnikov.

Partiellemetn masqué par la porte du garage, un stock de kalachnikov.

Chaque jour qui passe livre son lot d’informations concernant la cache d’armes de guerre démantelée samedi à Danjoutin (nos précédentes éditions). Un scénario de série télévisée qui a conduit à l’une des plus importantes saisies d’armes de ces dernières années.

Trois hommes restaient mardi en garde à vue dans le cadre de la saisie samedi d’une importante quantité de kalachnikov et d’explosifs à Danjoutin. Des armes sans doute destinées à alimenter le grand banditisme. Les enquêteurs sont intervenus en plusieurs temps. Dans le cadre d’une enquête ouverte depuis plusieurs mois sur un trafic d’armes par le juge parisien Jean Gervillié, ils savaient qu’un acheteur corse devait prendre livraison d’une cargaison d’armes vendredi dans l’Aire urbaine. Le Corse, un quadragénaire originaire de Balagne, en Haute-Corse, dont l’identité n’a pas été révélée, a été repéré jeudi à Marseille. Il est connu de la justice pour des affaires de droit commun et avait été entendu dans des affaires liées à Armata Corsa, un groupe armé nationaliste corse aujourd’hui.

Les policiers ont laissé la livraison se faire. Ils ont ensuite interpellé l’acheteur corse avec ses armes samedi matin au péage de Saint-Maurice-Colombier, près de Montbéliard. Dans le même temps, le locataire du garage de Danjoutin, un habitant de Charmois (Territoire de Belfort) âgé de 46 ans, était interpellé chez des proches à Berche, dans le pays de Montbéliard. Celui-ci allait conduire les enquêteurs au box numéro 7 du 28 rue du général Leclerc à Danjoutin où ils ont mis la main sur 25 fusils d’assaut kalachnikov et des explosifs.

Selon des proches de l’enquête, ce quadragénaire du Territoire de Belfort fréquente depuis longtemps le milieu des collectionneurs et « bricoleurs » d’armes. Il aurait été réputé pour savoir fabriquer des silencieux, une activité qui n’était autrefois pas illégale. Il aurait ajouté la « déneutralisation » d’armes démilitarisées à son panel d’activité plus récemment. Il aurait déjà fait l’objet de plusieurs enquêtes, mais n’aurait jamais été poursuivi.

Un commanditaire présumé, âgé d’une soixantaine d’années, a également été arrêté à Paris.

Le trio a été placé en garde à vue qui peut durer jusqu’à quatre jours s’agissant d’une affaire instruite par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.

Ce trafic se situe d’ailleurs, ont encore dit les sources sans autre précision, « sur un axe Paris-Marseille ».

Le procureur de la République de Paris François Molins et le directeur central de la police judiciaire Christian Lothion tiendront mercredi à 10 h 00 au palais de justice de Paris une conférence de presse sur cette saisie qui constitue selon eux « l’une des plus importantes saisies d’armes de ces dernières années, réalisée sur commission rogatoire d’un juge d’instruction » de la JIRS de Paris.

le 25/09/2012 à 18:36 Pascal Lainé avec AFP

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