Justice Viol sur mineur : le prof de rap belfortain « débordé par ses affects »
Illustration tribunal justice
Le quinquagénaire a reconnu les faits, se dit « débordé par ses affects » et souhaite effectuer un travail sur lui-même. Hier, le juge des libertés et de la détention l’a placé sous contrôle judiciaire.
Professeur de musique à ses heures, notamment dans le milieu du rap, mais aussi responsable d’un important comité d’entreprise du Territoire de Belfort, cet homme de 52 ans est convoqué mercredi matin au commissariat de Belfort. Durant 48 heures, il va devoir s’expliquer sur des accusations de viol et d’agression sexuelle commis sur un mineur de 14 ans, entre août 2011 et avril dernier.
« Les faits sont intégralement reconnus », attaque d’emblée Thérèse Brunisso, la procureur de la République, au moment du débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD), hier matin. Elle dépeint, sobrement mais froidement, le détail des actes imposés à ce jeune garçon « qui, dans ses dépositions, dit clairement qu’il n’appréciait pas ».
Bruno Marcelin, en sa qualité de juge d’instruction, a demandé le placement en détention du quinquagénaire, argumentant sa demande sur le risque de renouvellement des faits, précisément à la lumière des déclarations du mis en cause qui dit s’être « laissé débordé par ses affects ».
Devant le JLD, le violeur présumé se redresse et défend sa cause, le verbe haut, la voix claire : « Depuis mai, quand la maman m’a demandé de ne plus voir ses fils, j’ai respecté son souhait. Ça m’a fait avancer. J’ai conscientisé (sic) plein de choses. J’ai commencé un travail sur moi-même. Il faut que je me fasse aider… »
Alain Troilo, le JLD, le coupe dans son élan : « Ici, on n’est pas à l’hôpital. J’ai l’impression que vous me parlez comme un patient le ferait devant un médecin ».
La procureur suit le même raisonnement que le juge d’instruction. Elle estime la détention provisoire nécessaire, « pour la sincérité des investigations à venir ». Elle pointe du doigt les auditions d’autres membres du groupe de rap et veut éviter d’éventuelles pressions. « D’autant que certains n’ont pas répondu aux convocations. Et puis si ce monsieur n’a pas pu contenir ses pulsions sexuelles, le risque de renouvellement existe bien ».
Me Julien Robin, l’avocat de la défense, n’a bien évidemment pas la même analyse. Il insiste sur la prise de conscience de son client qui a compris « que la situation n’était pas normale. Il veut comprendre ce qui l’a conduit dans cette dérive-là. Cette dynamique doit se poursuivre et on sait que la prison n’est pas l’endroit idéal pour mettre en place une démarche de soins. Les risques de pression n’existent pas. Il avait le sentiment, entre guillemets, qu’il s’agissait d’une histoire entre eux deux. D’ailleurs, le propre frère de la victime ne s’est rendu compte de rien. Accordez-lui une chance ».
Le juge des libertés et de la détention n’a pas vacillé un instant. « Monsieur, je vous place sous contrôle judiciaire ».








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