Territoire de Belfort Les musulmans auront-ils un abattoir mobile pour l'Aïd ?

le 22/09/2012 à 05:00 Céline Mazeau
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Plusieurs milliers de moutons sont sacrifiés chaque année au moment de l’Aïd-el-Kébir.    Photo Édouard Cousin

Plusieurs milliers de moutons sont sacrifiés chaque année au moment de l’Aïd-el-Kébir. Photo Édouard Cousin

Y aura-t-il un abattoir mobile dans le département ? Le projet, porté par l’Association des musulmans du Territoire de Belfort, est sur la table depuis près de deux ans.

La fête religieuse la plus importante de l’Islam, l’Aïd-el-Kébir, aura lieu dans un peu plus d’un mois. Chaque année, à cette occasion, les familles musulmanes sacrifient un mouton - il s’agit là de célébrer la soumission à Dieu d’Ibrahim (Abraham dans la Bible), qui était prêt à sacrifier son fils aîné.

Le rituel est aujourd’hui compliqué à mettre en œuvre dans le Territoire de Belfort. Depuis la fermeture de l’abattoir de Voujeaucourt il y a six ans, les musulmans du Nord Franche-Comté n’ont en effet plus guère de solutions. Il leur faut se rendre à Besançon ou en Haute-Saône. Problème : la capitale franc-comtoise est tout de même un peu lointaine et un seul abattoir devrait, à terme, continuer son activité à Luxeuil-les-Bains (lire ci-dessous).

Selon l’Association des musulmans du Territoire ce seul équipement ne peut pas, de toute façon, absorber la forte demande qu’il y a au moment de l’Aïd. « En l’espace de trois jours, plus de 2800 moutons doivent être sacrifiés dans l’Aire urbaine, explique Karim Dridi, l’un des administrateurs de l’association. Comment absorber ce surplus d’activité sur une période aussi courte ? C’est mission impossible, quel que soit l’abattoir. »

« Projet viable »

D’où l’idée défendue par l’association qui gère la « grande mosquée » de Belfort : acheter un abattoir mobile comme il en existe ailleurs en France. Il s’agit d’un grand conteneur de 7 m sur 2,20 m et qui peut accueillir six sacrificateurs. Entre 800 et 1000 moutons pourraient y être abattus en l’espace de trois jours, souligne Karim Dridi.

Coût de cet abattoir mobile : 150 000 euros que l’association entend financer par une souscription auprès des fidèles.

C’est un « projet viable », souligne Slimane Gharbi, le vice-président de l’association. Selon lui, la plupart des obstacles ont été levés : le dossier aurait été validé par les services de l’État et l’association dispose d’un local où remiser le conteneur. Ne manquerait plus qu’une autorisation d’exploitation et d’implantation. « Il nous reste à trouver le terrain où installer ponctuellement l’abattoir, résume Karim Dridi. Il faut qu’il ne se trouve pas à proximité d’habitations, qu’il puisse accueillir un grand nombre de voitures, qu’il y ait de l’eau et de l’électricité. » Et là, l’association compte sur la préfecture et les collectivités locales.

Problème selon Slimane Gharbi : le dossier a trop traîné. Il y a eu plusieurs réunions à la préfecture depuis novembre 2010, souligne-t-il. « Il faudrait maintenant que l’État et les élus locaux prennent leurs responsabilités ». L’abattage sauvage est aujourd’hui une réalité dans le Nord Franche-comté, explique le vice-président de l’association. Et cela avec les risques en matière de sécurité sanitaire que cela implique : « Cela pose un vrai problème. Il faut des solutions. Nous, nous en apportons une. Maintenant il faut que les choses avancent sinon nous saisirons le ministre de l’Intérieur en fin d’année. On n’est pas dans la confrontation. On veut juste que chacun prenne ses responsabilités, ni plus ni moins. »

Marie-Claude Lambert, directrice de cabinet du préfet, souligne, elle, que la préfecture au contraire « accompagne » au plus près l’association. Si le dossier est toujours en cours d’instruction, explique-t-elle, « c’est parce qu’il n’est pas complet ». « Nous devons rencontrer les responsables de l’association dans quelques jours. Nous ferons le point avec eux. »

Quant au maire de Belfort, Étienne Butzbach (MRC), il dit attendre la décision préfectorale. « Je suis tout à fait d’accord pour mettre un terrain à disposition pendant quelques jours, quand une solution sera trouvée et agréée par l’ensemble de la communauté. Il est important que l’abattage rituel puisse se faire dans de bonnes conditions. »

Deux abattoirs « vétustes »


Le nombre d’abattoirs s’est réduit au fil des ans dans le Nord
Franche-Comté. Il n’y en a plus à Belfort depuis des lustres,
celui de Voujeaucourt a fermé fin 2006. Reste ceux de Vesoul et
de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône. Problème : les deux
équipements ne sont plus aux normes. Une dérogation a
permis de prolonger l’activité mais celle-ci arrivera à son terme
en fin d’année. Reste le projet porté par la société d’abattage
des Vosges saônoises : la réhabilitation-construction de
l’abattoir de Luxeuil-les-Bains. Le dossier a pris un peu de
retard : entre-temps le projet de Pusey a été abandonné, ce qui
a nécessité de redimensionner l’équipement luxovien.

le 22/09/2012 à 05:00 Céline Mazeau

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