Politique J.-L. Laurent : « Le MRC est toujours vivant, plus fort qu’il ne l’était auparavant »
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire et président d’honneur du MRC, hier, lors de l’une des tables rondes de l’université d’été de son parti. Photo Céline Mazeau
Le MRC tient son université d’été à Belfort ce week-end. Le parti fondé par Jean-Pierre Chevènement entend plus que jamais être la « boussole républicaine » de la gauche.
Ce n’est pas un hasard si le Mouvement républicain et citoyen a choisi de tenir son université d’été à Belfort (lire aussi page 24). C’est là, rappelle Jean-Luc Laurent, député et président du parti, que Jean-Pierre Chevènement alors maire de la ville avait organisé en août 1992, une convention du Mouvement des citoyens, ancêtre du MRC. L’élu avait annoncé qu’il voterait « non » au référendum sur le traité de Maastricht créant la monnaie unique. « Jean-Pierre Chevènement avait alors expliqué les raisons de ce « non » : les inquiétudes qui étaient les nôtres pour l’emploi, la prospérité de notre pays, et notre capacité à maîtriser notre destin. »
Vingt ans après, dit-il, les faits ont donné raison au fondateur du MRC : la zone euro et la monnaie unique sont en crise. « Il faut maintenant concevoir une réorientation de la construction européenne et un changement des règles de fonctionnement de la monnaie unique. » Mais avoir raison ne suffit visiblement pas. Le MRC est contre la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au motif qu’il introduit à une « perte de souveraineté » et à des « politiques de récession ». Le PS, lui, est pour. Le traité sera sans doute ratifié, in fine.
Le Mouvement républicain et citoyen, petit parti de 4 000 adhérents (dont quatre parlementaires) peut-il peser sur son grand allié ? « M ême si nous sommes considérés comme un petit parti au regard de ce qu’est le PS, nous avons un atout : la force des événements. La crise de la zone euro ne va pas disparaître avec la ratification du traité. Les lignes vont devoir encore bouger. La nécessité d’aller vers une réorientation européenne va s’imposer, un jour ou l’autre. Le temps politique est un temps long. »
En attendant, Jean-Luc Laurent rappelle que le MRC fait partie de la majorité présidentielle. Le but : « Aider François Hollande à réussir son quinquennat qui a pour objectif central le redressement de la France ». Mais, et le député le souligne, le Mouvement républicain et citoyen reste libre de dire ce qu’il pense et de donner des conseils. « Et le premier conseil que je donnerai, c’est, si le traité européen est adopté, de ne pas l’appliquer. Ce sera, sinon, un corset pour l’action publique. »
L’idée « d’une refondation républicaine » de la gauche dans un seul et grand parti est-elle abandonnée ? En 2008, le MRC avait mis cette proposition sur la table. La question visiblement n’est plus d’actualité mais elle reste « la perspective » à long terme du MRC, souligne Jean-Luc Laurent. L’élu évoque une phase intermédiaire : une confédération qui permettrait aux différents représentants de la gauche de débattre ensemble de leurs divergences pour voir s’il est possible de les dépasser.
D’ici là, le MRC compte donc rester « la boussole républicaine » de la gauche et du PS. La faiblesse de ses troupes n’est-elle pas un obstacle ? « Tous les partis sont globalement faibles en France, tous ont très peu d’adhérents, souligne Jean-Luc Laurent . Et si nous sommes petits par le nombre d’adhérents, nous sommes très vaillants par le nombre de nos propositions, notre ténacité. Le MRC est toujours vivant, plus fort qu’il ne l’était auparavant puisque nous avons deux parlementaires de plus. Nous sommes là et de nouvelles générations de militants nous ont rejoints depuis deux ans. Ce qui nous permet d’envisager très positivement l’avenir. »
Le MRC tiendra son congrès national les 8 et 9 décembre prochains à Paris.








pour ajouter le tag de la page à vos tags favoris.
effacer tout


Vos commentaires
Vous devez vous connecter pour poster un commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Se connecter