Territoire de Belfort Règlements de compte au conseil municipal d'Essert
Les pommiers du verger municipal devront laisser place à la construction d'une résidence pour personnes âgées. Photo Hervé Haustete
La municipalité d’Essert a passé plus de temps lundi soir à répondre aux attaques de l’opposition qu’à débattre des dossiers à l’ordre du jour. Ambiance.
Tradition instaurée récemment à Essert, les échanges intervenant en marge du conseil municipal tendent de plus en plus à prendre le pas médiatique sur les dossiers présentés à la municipalité. Le conseil de lundi soir n’a pas failli à cette nouvelle tendance puisque c’est le moment qu’a choisi Yves Gaume, maire d’Essert, pour annoncer la fermeture définitive de l’agence postale du village (lire ci contre).
Paradoxalement, cette nouvelle n’a soulevé ni questionnement ni protestation, aussi bien au sein de la municipalité que du public. Les représentants du Collectif de défense des hauts d’Essert n’étaient manifestement venus que pour faire connaître leur position face au projet de lotissement du Grelot. Ils ont cette fois mis l’accent sur le coût qu’allait engendrer pour les deux parties l’action en justice qu’ils ont eux-mêmes initiée en engageant un recours contentieux auprès du tribunal administratif. Leurs arguments n’ont pas eu l’écho qu’ils souhaitaient auprès de la municipalité, le maire se contentant de leur répondre que « ce dossier est désormais entre les mains de la justice qui tranchera ».
Isabelle Petitlaurent, qui a aujourd’hui clairement rejoint les rangs de l’opposition municipale, a présenté ses réflexions concernant le projet de résidence pour personnes âgées soutenu par la municipalité. Reprochant au maire l’opacité dans laquelle a été étudié ce projet, elle s’est interrogée sur l’utilité d’un tel équipement et le coût d’exploitation.
« Je trouve regrettable de sacrifier totalement le verger communal, côté zac du Port, pour créer une douzaine de logements qui resteront peut-être vacants » a-t-elle lancé reprochant ainsi au maire d’avoir oublié un peu vite les motivations écologiques qu’il professait en début de mandat.
À cette attaque, Yves Gaume a répondu que ce dossier avait recueilli l’assentiment d’une majorité de conseillers et que la vente du terrain où était prévue cette construction rapporterait plus de 50 000 euros à la commune. « Toutes les structures de ce type refusent du monde a souligné Yves Gaume, nous sommes dans une démarche sociale où les risques financiers sont limités ». Dominique Jeannin, adjoint aux finances a surenchéri en concluant : « C’est une décision politique que nous avons prise et nous l’assumerons ».
Les élus avaient au préalable approuvé la décision de confier à un avocat spécialisé le soin de défendre les intérêts de la commune dans un dossier visant à reclasser en zone naturelle, à la demande des propriétaires, une zone agricole située à la ferme du Tremblay. « Si nous avions pris cette précaution avec le plan local d’urbanisme, nous ne serions pas dans la situation actuelle » a ajouté Yves Gaume. Le coût de cette intervention pour la commune sera d’environ 1500 à 2000 euros.








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