Faune Le milieu urbain prisé par les espèces sauvages
Selon les gardes-nature, donner du pain aux cygnes est à la fois très mauvais pour l’animal, mais aussi pour le milieu naturel. Photo Céline Mazeau
C’est un fait qui n’a pas échappé aux plus fins observateurs : en ville, ces dernières années, les nouvelles espèces d’animaux sont de plus en plus nombreuses. Les conséquences de leur présence sur les autres animaux, mais aussi sur l’homme, varient en fonction de l’espèce.
De nombreuses nouvelles espèces d’animaux ont fait leur apparition en ville au cours de ces dernières années. Au-delà des chiens et des chats errants, qui ne cessent de se multiplier, on note l’apparition d’espèces sauvages que l’on ne s’attend pas forcément à trouver dans le milieu urbain. Il y a tout d’abord les nouveaux animaux de compagnies (les NAC), c’est-à-dire ceux que l’homme introduit volontairement dans son foyer, dans l’espoir de les apprivoiser ; les mygales, furets, serpents, et iguanes sont très à la mode depuis plusieurs années. Mais comme l’affirme Jean-David Daucourt, chef de poste du service des gardes-nature intervenant dans près de 50 communes du Territoire de Belfort, « ces animaux sont très souvent incapables de s’acclimater dans un lieu autre que leur milieu naturel d’origine. Ainsi, lorsque l’homme s’est lassé ou que la cohabitation s’avère être un échec, il n’est pas rare qu’il les abandonne dans la nature, juste à côté de chez lui ». Le garde-nature explique que depuis près de dix ans, une espèce de tortue, la tortue de Floride, est fréquemment retrouvée dans l’étang des Forges, bien qu’elle ne soit en rien faite pour vivre dans un tel milieu naturel. Sa présence représente un danger pour d’autres espèces aquatiques. Il est à noter que cet animal, qui était en vente libre, est aujourd’hui soumis à autorisation de détention spécifique.
Mais parmi les nouvelles espèces que l’on peut trouver en ville, nombreuses sont celles à être arrivées par leurs propres moyens, percevant le milieu urbain comme un endroit attirant, parfois même comme un refuge. On distingue celles qui sont les bienvenues de celles dont on se serait bien passé.
Les faucons pèlerins et crécerelles sont plutôt considérés comme opportuns car ils servent à réguler d’autres espèces dont la présence est nettement moins désirée ; ils interviennent notamment pour éloigner les étourneaux, oiseaux qui se déplacent très souvent en bandes, et dont les nuisances sonores et saletés qu’ils laissent sur leur passage ne font pas vraiment le bonheur des citadins. De même, contrairement aux idées reçues, la présence de chauves-souris autour des foyers la nuit est plutôt une bonne chose ; elles ne représentent pas un danger pour l’homme, et jouent le rôle d’insecticide écologique.
Renards, rats…
On trouve d’autres espèces d’animaux qui sont, quant à elles, nettement moins appréciées en ville. Les renards par exemple, en plus de fouiller dans les poubelles, sont vecteurs de nombreuses maladies, tout comme les rats, éternels ennemis des citadins. D’après Jean-David Daucourt, les pigeons sont sûrement les pires sur le plan sanitaire. Leurs déjections tapissent les trottoirs, et ils véhiculent eux aussi beaucoup de maladies. Or, ils possèdent très peu de prédateurs, c’est pourquoi ils ne cessent de se multiplier et d’envahir les villes. Le garde-nature ajoute que « le rôle de l’homme s’arrête à celui de régulateur d’espèces ». Il n’interviendra que si les nuisances deviennent trop importantes et gênantes, ou si les espèces représentent un réel danger. Pour éviter d’empirer la situation, il rappelle qu’il est interdit de nourrir les animaux sauvages en ville. « Donner du pain aux cygnes, par exemple, est à la fois très mauvais pour l’animal, mais aussi pour le milieu naturel », insiste-t-il.
Il conclut en invitant les citadins à prévenir le service environnement de leur commune s’ils venaient à localiser un NAC en liberté ou encore tout animal blessé. Les gardes-nature seront alors contactés, et toutes les mesures seront prises.
Il existe deux types d’autorisation de détention pour les animaux non domestiques :
La première concerne les espèces non domestiques dont la détention est soumise à autorisation préfectorale et dont le marquage est obligatoire.
La seconde se rapporte aux espèces non domestiques dont la détention ne peut être autorisée, avec obligation de marquage ou non, qu’au sein d’un établissement d’élevage ou de présentation au public d’animaux d’espèces non domestiques.
En cas de non-respect de ces lois, les services de police de l’environnement et de la faune sauvage sont habilités à verbaliser la détention illégale et, le cas échéant, à relâcher les animaux concernés dans la nature.








pour ajouter le tag de la page à vos tags favoris.
effacer tout


Vos commentaires
Vous devez vous connecter pour poster un commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Se connecter