Justice Belfort : un prévenu sous très haute surveillance au tribunal
Photo d’archives Lionel Vadam
Un habitant d’Essert, âgé de 32 ans, était jugé ce matin, selon la procédure de comparution immédiate, par le tribunal correctionnel de Belfort. On aurait pu croire qu’il s’agissait d’un grand terroriste fiché au grand banditisme, car le prévenu est arrivé à l’audience, encadré par cinq membres de l’Eris (Équipes régionales d’intervention et de sécurité), sorte de Gign de la pénitentiaire. Cinq hommes cagoulés, munis de gilets pare-balles et armés jusqu’aux dents. Des super-agents rattachés à l’administration pénitentiaire et qui interviennent en cas d’émeute dans les prisons (lire encadré). Alors pourquoi ce déploiement de force pour escorter une seule personne ?
Le 23 août dernier, lors d’un banal contrôle routier, les policiers relèvent à son encontre que l’homme conduit alors qu’il n’a plus de points sur son permis, qu’il ne possède pas d’assurance, qu’il détient des stupéfiants, qu’il a sur lui un couteau, considéré comme une arme de 6e catégorie. Des faits commis en récidive. L’interpellation ne se fait pas sans mal, le conducteur se rebelle et, entre autres, profère des menaces de mort envers les forces de l’ordre. Placé en garde à vue, puis présenté au parquet et au juge des libertés et de la détention, il est placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Montbéliard en attendant sa comparution immédiate d’hier. Mais dimanche, à 1 h 40, il met le feu à son matelas et plusieurs agents seront légèrement incommodés par les émanations. C’est d’ailleurs ce comportement qui a conduit l’administration pénitentiaire, à qui incombe désormais le déferrement des détenus, donc son transport au tribunal, de requérir les agents de l’Eris.
Ce matin, le prévenu, comme il en a le droit, a demandé un délai pour préparer sa défense. Christophe Gérot, substitut du procureur, a demandé et obtenu du tribunal présidé par André Chenet son maintien en détention pour assurer sa représentation et éviter la récidive de délits supplémentaires. La date du jugement a été fixée au 5 octobre à 11 h. On peut alors se demander si le prévenu aura à nouveau la même et coûteuse escorte.








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