Handicap Des chiens guides d’aveugles formés à domicile

le 28/08/2012 à 05:01 Téa Bazdarevic
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Fiona, jeune golden retriever âgée d’un an vient d’entamer sa formation aux côtés de Céline Cuche, son éducatrice. Dans neuf mois elle sera devenue chien guide d’aveugle. Photo Téa Bazdarevic

Fiona, jeune golden retriever âgée d’un an vient d’entamer sa formation aux côtés de Céline Cuche, son éducatrice. Dans neuf mois elle sera devenue chien guide d’aveugle. Photo Téa Bazdarevic

À l’école de chiens guides d’aveugles de Cernay (Haut-Rhin), six éducateurs forment les futurs compagnons des déficients visuels dans le but de les rendre autonomes. Parmi eux, Céline Cuche, originaire d’Urcerey.

Faciliter le quotidien des personnes aveugles ou malvoyantes. Céline Cuche y consacre son quotidien. Comment ? En formant des chiens guides d’aveugles. Impensable, il y a neuf ans. « Avant j’étais conseillère cliente pour un opérateur de téléphonie mobile parce que je pensais que c’était irréaliste de vivre de ma passion pour les chiens », se remémore la jeune femme, âgée de 30 ans. « Puis un jour, j’ai découvert l’association des chiens guides d’aveugle de Cernay ». Créée en 1991, elle est l’une des seules écoles en France à former les futurs chiens guides d’aveugles, non pas dans des chenils mais au domicile des éducateurs. Une révélation pour Céline Cuche.

Après une rapide formation interne, une seconde vie démarre pour la Terrifortaine, originaire d’Urcerey. Aujourd’hui, elle fait partie de la famille restreinte des éducateurs de chiens guides d’aveugle. Pas plus d’une centaine recensée en France. « Avec mon mari, nous sommes les deux seuls éducateurs de Franche-Comté », précise-t-elle.

Les futurs chiens guides d’aveugles sont recrutés dans des élevages ou chez des particuliers lorsqu’ils ne sont encore que des chiots. Seules quatre races sont prédisposées à remplir cette fonction. Golden retriever, labrador, berger allemand et caniche royal. Des chiens réputés pour leur sociabilité et leurs excellentes aptitudes intellectuelles. Pendant un an, ils sont placés dans des familles d’accueil.

Neuf mois de formation

Ensuite, les éducateurs récupèrent les chiens, devenus des jeunes adultes. Débute alors une formation quotidienne de neuf mois, dispensée au sein même du domicile des éducateurs. Un environnement familial que les chiens retrouveront lorsqu’ils rejoindront, une fois la formation terminée, le foyer de leur nouveau maître aveugle ou malvoyant. Avant cela, les futurs chiens guides d’aveugles doivent se livrer à toute une série d’exercices. À la campagne puis en ville où le trafic est plus élevé, le chien découvre progressivement des environnements variés. « À terme, plus rien ne les effraie. Ils sont aptes à marcher en ligne droite sans dévier de leur trajectoire initiale, ni s’intéresser aux autres animaux », explique l’éducatrice urceroise.

Les chiens doivent aussi apprendre à se montrer très vigilants face au moindre obstacle. D’autant qu’ils sont nombreux pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Bouches d’égout, trottoirs, escaliers, passages piétons, poteaux, voitures et bien d’autres. Sans oublier ceux situés en hauteur qui ne gênent pas l’animal en temps normal. « Le chien dispose d’un temps d’avance sur son maître, c’est pourquoi il doit savoir aborder correctement les obstacles. Cela permet à la personne déficiente visuelle de prendre ses repères », rapporte Céline Cuche.

Une cinquantaine d’ordres

À force de répéter les exercices, les chiens prennent confiance en eux et font plus facilement preuve d’initiatives. Les plus timides sont recalés. Après les neuf mois de formation, le chien est évalué par un déficient visuel au cours d’un test final. Si l’avis rendu est favorable, le chien part retrouver son maître aveugle ou malvoyant. Dans le cas contraire, il poursuit sa formation. Enfin, les éducateurs passent deux semaines avec les futurs maîtres qui doivent assimiler une terminologie spécifique pour communiquer avec leur compagnon. En langage chien guide d’aveugle, avancer se dit « vaï », tourner à droite « destra » et rechercher un passage piéton « zebra ».

Malgré la dizaine de chiens qu’elle a déjà formée, Céline Cuche l’admet, la séparation est toujours pénible : « Bien sûr qu’on s’attache aux chiens mais quand je vois le bonheur qu’ils procurent aux déficients visuels et leur soulagement, ça me remplit de joie », rapporte-t-elle.

Autre bénéfice : le chien, simple outil de déplacement au départ, ne tarde pas à se transformer en véritable compagnon de vie et à faciliter le contact des personnes aveugles ou malvoyantes avec autrui. « C’est la plus belle partie de mon métier », conclut Céline Cuche, radieuse.

le 28/08/2012 à 05:01 Téa Bazdarevic

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