Belfort Violences conjugales pour un « problème alimentaire »

le 25/08/2012 à 05:00 Céline Mazeau
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Archives Le Pays

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Il n’y avait pas de sel à table ce soir-là ; cela a suffi pour que le repas dégénère. Hier un Belfortain âgé de 30 ans a été condamné à trois mois de prison ferme pour violences sur sa compagne et outrages à policiers.

Il reconnaît les faits, du bout des lèvres, comme absent. Le Belfortain, debout entre trois policiers, donne au tribunal une première version très résumée. Selon lui, le 21 août dernier, c’est sa compagne qui « a pété les plombs » au moment du repas du soir parce qu’il n’avait pas acheté de sel. « Elle est devenue hystérique », dit-il. Un récit « édulcoré » selon la présidente, Josette Alten. La magistrate a sous les yeux le témoignage de la jeune femme : il est question d’une soirée violente, durant laquelle elle a reçu de son compagnon des coups au visage et au ventre et des séries de gifles. Le certificat médical fait état d’une incapacité de travail d’un jour.

Le Belfortain avait bu ce soir-là. Il le reconnaît. « Comment avez-vous pu en arriver là ? » lui demande la présidente du tribunal. Il parle de « colère », de « provocation ». Apparemment le couple battait de l’aile depuis un certain temps.

Au commissariat où les policiers l’ont conduit après son interpellation, le prévenu s’est montré particulièrement agité et insultant. Il est donc également poursuivi pour outrages à personne dépositaire de l’autorité publique.

Swen Morelle, le procureur de la République, parle « d’escalade dans la violence ». Il pointe l’origine de la dispute : « Vous n’oubliez pas d’acheter les bières mais vous oubliez le sel ». Il met aussi en avant le casier judiciaire du prévenu : le jeune homme a été condamné sept fois entre 2003 et 2007 ; des affaires de vol et de stupéfiants essentiellement.

« Est-ce qu’il a déjà une fois compris les règles de vie en société ? Non. Il est ancré dans la délinquance. Certes il n’a pas été condamné depuis cinq ans mais une telle réaction pour un simple problème alimentaire est totalement déplacée. C’est inadmissible. »

C’est pour cela, d’ailleurs, que le jeune homme comparait aussi rapidement après les faits. Pour Julien Robin, l’avocat du prévenu, cette comparution immédiate ne se justifiait pas, pourtant. Certes, dit-il, le casier de son client est « chaotique » mais sans rapport avec les faits pour lesquels il est poursuivi. Cet accès de violence est un « dérapage » selon lui.

La victime, elle, ne demande pas de réparation du préjudice subi. « Je l’ai provoqué avec des mots, dit-elle, mais il n’était pas obligé d’en venir aux mains. Il aurait pu réagir autrement. » Elle ne veut pas qu’il soit incarcéré : « Il reste le père de ma fille et puis je n’ai pas de blessures vraiment graves. Tout ce que je veux c’est qu’il sorte de ma vie. »

Le Belfortain a été condamné à six mois de prison dont trois mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans.

le 25/08/2012 à 05:00 Céline Mazeau

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