Évette-Salbert Suite de l’aventure de Marc Hummel, de Kiev à Odessa
Pour Marc Hummel, la découverte des villes comme Dnipropetrovsk ou Odessa est l’occasion de se rendre compte des contrastes avec l’occident. DR
Nous avions laissé le cycliste evalbertois Marc Hummel à Kiev, sur son chemin en direction du Moyen-Orient. Il nous donne de ses nouvelles depuis l’Ukraine.
Après avoir attendu en vain un visa pour la zone interdite de Tchernobyl, Marc Hummel, le cycliste aventurier parti d’Évette-Salbert, se remet en route. « La route n’a rien d’une nationale, écrit-il. Les paysages ne savent se renouveler : culture, culture, culture et quelques rares bourgades. Avec plus d’acuité encore, je ressens les liens qui lient ces hommes… Patrie, religion, famille et ce, dès que les régions sont pauvres. À ma grande surprise, un mémorial à Lénine est érigé dans de très nombreuses communes ! Dans chaque ville ou village, il suffit de poser le pied au sol pour immédiatement faire ami-ami avec le curieux le plus proche. » Le Terrifortain décide de modifier sa trajectoire et de la raccourcir à cause d’un réseau routier dangereux
Le cap des 3000 km atteint, Marc Hummel approche de Dnipropetrovsk, imprononçable mais vivante. « Interdiction de garer mon vélo dans tout l’espace commercial ! Je demande des explications et récolte la colère des gardes… encore une incongruité. Je file plein Sud, poursuit-il. J’ai aimé cette gaieté émanant du trottoir de Dnipro ainsi que cette candeur répétée du tram à travers les allées du parc central. Durant la nuit, belle frayeur avec la violence d’un orage en quête de revanche. » Marc Hummel décide de poursuivre vers la Crimée. Le danger sera fort, les ravitaillements peu nombreux et le plaisir, s’il en a, est à ce prix.
Il découvre enfin la mer d’Azov. Un grand bonheur et beaucoup de soulagement. « Durant ces instants, mon esprit s’égare, je reconnais à l’aventure la force de certains instants. Terre et mer s’imbriquent et se mélangent, le passage en Crimée est une sorte de rêve éveillé. Pris par les éléments, je pédale sur un autre univers. Une bien belle journée de près de 140 km », se réjouit-il.
La remontée de la Crimée « plein nord » a perdu la passion initiale, avec cet axe mal chaussé. « À midi, je quitte la Crimée, vivant… une performance dans un tel contexte. Par trois fois je serai jeté au talus par plus forts que moi, s’insurge le forçat de la route. Le bitume est lui dans un état impossible à décrire car depuis longtemps étranger aux standards français. Secoué sans arrêt, la selle doit être de grande qualité et les fesses d’un cuir haut de gamme pour supporter un tel régime. »
Le lendemain, Marc effectue sa première rencontre avec un randonneur… allemand. Départ matinal pour éviter les étouffements dans Odessa, dont 22 km de banlieue le laminent. Le port n’en finit pas mais son accès lui est interdit.
« Globalement l’Ukraine est aux antipodes de ce que j’imaginais. L’aventure permet de confronter ses images et celles de la réalité. Kiev ne ressemble en rien à son pays, l’activité y été intense. Le peuple de type slave est très homogène sur l’ensemble du territoire. La langue est vecteur de rapprochement », remarque Marc Hummel, qui met le cap vers la Moldavie.








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