Giromagny La Caponnière recherche des mécènes pour sauver le fort Dorsner

le 28/07/2012 à 05:00 Dominique Lhomme
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La visite du fort, effectuée par le préfet et les membres de la Caponnière, guidée par Ralph Delaporte, président de l’association du fort Dorsner, a duré plus d’une heure trente. Photos Dominique Lhomme

La visite du fort, effectuée par le préfet et les membres de la Caponnière, guidée par Ralph Delaporte, président de l’association du fort Dorsner, a duré plus d’une heure trente. Photos Dominique Lhomme

Le dernier rapport de l’architecte des Bâtiments de France était très alarmant concernant l’état des forts du Territoire. La Caponnière et l’association du fort Dorsner, ainsi que la municipalité de Giromagny, se battent pour sauver ce patrimoine militaire.

Benoît Brocart, préfet du Territoire, a voulu se rendre compte sur le terrain de l’attrait du fort Dorsner et de son état. Il l’a donc visité hier, guidé par Ralph Delaporte, président de l’association du fort, et accompagné de Christiane Gosset, présidente de la Caponnière, fédération pour la sauvegarde du patrimoine militaire fortifié, de Jean Lefèvre, maire de la localité, de Grégory Schott, architecte aux Bâtiments de France.

Pour Christiane Gosset, le fort Dorsner est « la priorité des priorités », celui qui a le plus d’intérêt et le besoin de travaux urgents de rénovation.

Une architecture unique

« Ce fort a de nombreux atouts, souligne le maire. Je n’ai pas voulu le fermer, pourtant c’était facile de le faire. Je veux faire vivre ce lieu chargé d’histoire. »

Pour Christiane Gosset, le fort, inscrit aux Monuments historiques au même titre que le fort Sernarmont de Bessoncourt, a un potentiel touristique et culturel important et une architecture qui le distingue de tous les autres.

À la fin de la visite, le préfet en était d’ailleurs convaincu. Lorsque le fort sera rénové, des retombées sont prévisibles pour la commune.

Mais aujourd’hui, bien que le circuit qui permet de visiter le fort Dorsner soit sécurisé (avec tout de même un casque sur la tête), il est urgent d’effectuer des travaux.

« C’est le seul fort à posséder dès sa construction de deux tourelles Mougin, détruites par les Allemands, explique Ralph Delaporte. Elle permettait de tirer sur l’ennemi à 360°. La base des tourelles est toujours visible, mais un trou béant les remplace. Une des urgences consistera à placer un toit pour empêcher l’eau d’entrer dans le fort. Car l’eau, et par conséquent le gel l’hiver, est notre pire ennemi. »

Par ailleurs, l’étanchéité du fort devra être réalisée par-dessus, en retirant une partie des terres qui le recouvre et en plaçant un film.

Plusieurs millions d’euros

Certaines parties du fort, trop dangereuses, ne sont plus visitables. À certains endroits, les embrasures de fenêtres s’effritent, à d’autres les murs qui s’écroulent. Le travail de réfection s’annonce colossal et la note sera certainement salée, très salée.

« Nous n’avons pour le moment qu’une estimation globale qui s’élève à plusieurs millions d’euros pour des travaux étalés sur quinze ans, explique la présidente de la Caponnière. C’est le résultat de l’étude que nous avons commandité à l’architecte Richard Duplat. Autant dire qu’il va falloir frapper à toutes les portes pour obtenir l’argent nécessaire, le conseil général, le conseil régional, l’État, les fonds européens et pourquoi pas l’Unesco. Mais cela ne suffira pas. Il faudra faire appel au mécénat privé. Nous avons monté un dossier en ce sens. » Une demande de déclaration d’utilité publique est actuellement en cours.

Faire des choix

De son côté, le préfet a suggéré, pour des travaux d’urgence, de faire appel à la Dotation d’équipement des territoires ruraux, répartis par l’État chaque année pour aider les communes à entretenir leur patrimoine. Une étude précise des travaux urgents sera lancée prochainement.

Parmi ceux-ci, on peut citer le pont métallique, unique accès au fort et les piles fortement fragilisées, la caserne de gorge où des effondrements conséquents se sont produits, liés aux poussées de terres en raison d’infiltration d’eau, les piles des tourelles qui devront être confortées afin d’éviter l’effondrement des voûtes adjacentes.

Ici, pas question de faire appel à des tailleurs de pierre, comme pour le fort d’Essert. La facture serait encore alourdie.

VISITER Le fort Dorsner se visite librement, du début juin à fin septembre, de 14 h à 18 h (fermeture des portes à 17 h 15). Entrée : 3 € par personne. Possibilité de visites guidées pour les groupes (30 personnes maximum) d’avril à octobre sur rendez-vous au 06.22.48.82.46. Tarif : 30 € par groupe.

le 28/07/2012 à 05:00 Dominique Lhomme

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