Tourisme La grotte de Cravanche, joyau préhistorique, livre son histoire et ses trésors

le 24/07/2012 à 05:00 Téa Bazdarevic
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Hier, 20 personnes ont eu la chance de visiter la grotte de Cravanche mais n’ont pas pu apercevoir la moindre chauve-souris, dont la période d’hibernation s’achève en mars. Photos Téa Bazdarevic

Hier, 20 personnes ont eu la chance de visiter la grotte de Cravanche mais n’ont pas pu apercevoir la moindre chauve-souris, dont la période d’hibernation s’achève en mars. Photos Téa Bazdarevic

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Chaque été, la maison du tourisme de Belfort propose une kyrielle d’animations et de visites de lieux insolites. Parmi eux, la grotte de Cravanche. L’occasion pour les Terrifortains de découvrir une cavité préhistorique qui abrite des habitants peu attrayants : les chauves-souris.

La région regorge de trésors naturels insoupçonnés. La grotte de Cravanche en est un. À la sortie du village du même nom, il suffit de marcher quelques mètres avant d’atteindre l’entrée de la forêt qui abrite la cavité. Pour y accéder, il faut au préalable batailler avec les branches et les feuillages qui barrent la route. Puis au détour d’un chemin de terre, au milieu de la roche, se dresse la grotte. De taille modeste, elle n’en reste pas moins une curiosité et peut se targuer d’un passé riche.

Cette dernière existe depuis la préhistoire. Entre 4500 et 3000 avant JC, elle faisait office de sépulture. En attestent les multiples crânes et squelettes retrouvés sous terre. Mais les premières galeries de la grotte de Cravanche n’ont été découvertes que bien des années plus tard, en 1835.

À l’époque, les brasseries de la ville décèlent immédiatement son utilité et s’en servent comme réfrigérateur. La salle principale, haute de 11 m et d’une longueur de 26 m, est, quant à elle, découverte en 1876 par deux ouvriers intrépides que le hasard a guidés sur la route de la grotte. Peu de temps après leur trouvaille, l’endroit se met à vivre au rythme des fouilles archéologiques. Il faut attendre le début du XX e siècle pour voir les premiers visiteurs fouler le sol de la cavité. Très vite, c’est un immense succès. Chaque année, près de 8000 personnes se bousculent pour admirer le lieu. Une affluence qui vaut à la grotte d’être classée, en 1911, site monumental à caractère naturel historique. La grotte de Cravanche sera ainsi envahie par les touristes jusqu’en 1933 avant d’être soudainement laissée à l’abandon.

Un site privilégié transformé en décharge

La suite est moins glorieuse. Au fil des années, le site historique se transforme en décharge. Les actes de vandalisme s’y multiplient et laissent des traces irréversibles. En témoignent encore aujourd’hui des tâches noirâtres de pneus brûlés sur les parois de la grotte, qui ne disparaissent pas, malgré plusieurs tentatives de nettoyage au karcher. Désormais, trois galeries peuvent être visitées par le public, contre neuf auparavant.

« La grotte n’est plus dans son état d’origine, elle a été abîmée par le passé mais reste cependant un très beau site », raconte Carol Millot, guide touristique. Réhabilitée par la Ville de Belfort, elle est réouverte au public depuis 2007.

Fragile, la grotte de Cravanche n’est visitable qu’à de rares occasions. Chaque année, en période estivale, la maison du tourisme de Belfort décide d’augmenter le nombre de visite. Quatre sont programmées sur la période juillet-août. Réservées à 20 personnes, elles affichent complets à chaque fois et laissent les participants conquis. Chloé Menanteau qui a visité la grotte hier avec son mari et ses trois filles ne cache pas son enthousiasme : « C’est très beau et c’est toujours bien de découvrir sa région. Si en plus on peut éviter de faire deux heures de trajet avec les enfants c’est parfait », sourit-elle.

Froid, humide et obscure, la grotte constitue également un refuge idéal pour les chauves-souris qui viennent y hiberner de novembre à mars. Afin de protéger l’espèce le lieu est fermé durant cette période. Il n’est donc pas possible de voir des chauves-souris l’été. Cependant, à la fin du printemps, les plus chanceux parviennent toujours à apercevoir quelques retardataires qui ne se sont pas encore réveillés.

le 24/07/2012 à 05:00 Téa Bazdarevic

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