Territoire Première circonscription : une confrontation arbitrée par l’extrême-droite

le 02/06/2012 à 05:01 Céline Mazeau
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Infographie Marc Vuillermoz

Infographie Marc Vuillermoz

Onze candidats sont officiellement en lice dans la première circonscription du Territoire de Belfort. Parmi eux : les deux finalistes de 2007 et deux candidats d’extrême-droite.

En 2007, il n’avait manqué à Damien Meslot que quatre voix pour être élu dès le premier tour. Une élection dans un fauteuil, comme on dit.

Depuis, bien sûr, le contexte a changé ; l’arrivée au pouvoir d’un président socialiste en mai dernier a modifié la donne au plan national. Mais l’élu, député UMP de la première circonscription depuis dix ans, entend bien conserver son siège. Face à lui : son adversaire d’il y a cinq ans, Anne-Marie Forcinal, maire de Fontaine et conseillère générale PS. Les deux candidats ont regardé de près les résultats de l’élection présidentielle (Nicolas Sarkozy est arrivé en tête lors des deux tours). Ils savent que beaucoup dépendra du score du Front national : le 22 avril dernier, Marine Le Pen avait obtenu 24,34 % des suffrages exprimés dans cette circonscription.

Anne-Marie Forcinal compte sur une triangulaire qui diviserait les voix à droite. Reste à savoir quel score réalisera Marc Archambault, le candidat du FN (en 2007, le Front avait perdu plus de 4500 voix entre avril et juin).

Abstention plus forte ?

Reste également à savoir quel sera le niveau de la participation, traditionnellement plus faible aux législatives qu’à la présidentielle. Si les sondages ne se trompent pas, l’abstention devrait être encore plus forte cette année qu’il y a cinq ans (plus de 38 % dans cette circonscription). Dans ce cas, Marc Archambault, pour se maintenir, devra obtenir plus de 20 % des suffrages. Et ce, alors même qu’un autre candidat d’extrême droite est en lice : Gérard Cretin, jurassien et membre du Mouvement national républicain (MNR), le parti de Bruno Mégret.

Certains se sont interrogés sur cette deuxième candidature d’extrême droite, qui ferait selon eux les affaires du candidat UMP. Christophe Devillers, le responsable régional du Parti de la France qui finance la campagne de Gérard Cretin, assure, lui, que tout est on ne peut plus clair. Si son mouvement a fait le choix de présenter un candidat dans cette circonscription, c’est, dit-il, parce qu’elle « présente un fort potentiel électoral ».

Quid des autres prétendants ?

En avril dernier, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en quatrième position dans cette circonscription (10,74 %). De quoi donner à Jacques Rambur, le candidat du Front de gauche, l’espoir de faire mieux que la candidate communiste en 2007 (1,81 %).

La partie est sans doute un peu plus compliquée pour Renaud Rousselet (Modem) : en cinq ans, le score de François Bayrou, lors de l’élection présidentielle, a presque été divisé par deux dans la circonscription.

Également en lice : Eva Pedrocchi, (Europe Écologie-Les Verts) qui avait réalisé un bon score en 2011 dans le canton de Belfort-centre (11,8 %), Jean-Christophe Muringer, seul candidat du parti de Nicolas Dupont-Aignan dans le département et Christiane Petitot (Lutte ouvrière).

Reste le radical de gauche Saïd Meftah, candidat en dépit de turbulences qui agitent encore et toujours la petite fédération PRG 90.

 

Fiche d’identité


La première circonscription est une zone à la fois rurale et
industrielle. Touchée de plein fouet par la crise de la filière
automobile, cette partie du département, autour de Delle et
Beaucourt, a beaucoup souffert après 2008.
L’enjeu, ici, est clairement la redynamisation des sites
industriels : c’est dans ce cadre qu’a été lancée l’importante
restructuration du site des Forges à Grandvillars.
C’est sur cette circonscription que se trouvent la zone de
Bourogne-Morvillars (une vingtaine d’entreprises parmi
lesquelles General Electric et VMC pêche) et l’Aéroparc de
Fontaine où sont implantées plusieurs grandes sociétés
(Amstutz, Snop ex-Wagon ou encore la société Wamar
Engineering). Elle englobe également les deux zones
commerciales d’Andelnans (autour des enseignes Leroy-Merlin
et Cora) et de Bessoncourt (autour de l’hypermarché Auchan).
L’implantation prochaine, en 2013, d’une usine Swatch à
Boncourt, juste de l’autre côté de la frontière, est l’un des
enjeux des années qui viennent. D’autant que d’autres
groupes, comme Tag Heuer, ont fait part de leur intention de
s’implanter dans la même zone géographique. D’ici 2020, le
site devrait employer plusieurs centaines de personnes.
Autres étapes attendues dans le secteur : la mise en service à
l’horizon 2016 de l’autoroute Transjurane suisse, le
développement de la zone autour de la gare TGV et les travaux
d’aménagement de l’échangeur de Sevenans, saturé.

le 02/06/2012 à 05:01 Céline Mazeau

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