Parentalité Groupes de parole pour se sentir moins seul
Prendre un enfant par la main, ce n’est pas si simple : il faut du temps, de l’écoute, pour l’accompagner dans sa construction, qu’il soit tout-petit ou déjà adolescent. Photo Darek Szuster
Être ou devenir parent (ou grand-parent) peut susciter bien des interrogations, voire des peurs. Dans l’Aire urbaine, des groupes de partage et d’échanges permettent, en mettant en commun les expériences du quotidien, de dédramatiser certaines situations pour mieux accompagner son enfant (ou petit-enfant).
Il se réveille toutes les nuits parce qu’il a peur, refuse de toucher à son assiette lorsque la famille se met à table, raconte des mensonges à la maîtresse, répond avec beaucoup d’agressivité, émet le souhait obstiné de ne plus aller à l’école… Le souci, d’abord tout petit, s’installe met à mal l’atmosphère familiale, et les parents, de fil en aiguille finissent par se sentir démunis et très seuls… La peur de mal faire s’immisce dans leur quotidien jusqu’à, d’abord, en parler au médecin de la famille, avant, de plus en plus souvent, d’envisager une consultation psychologique plus ou moins longue. Ces problématiques, Marie-France Casoli, psychothérapeute et médiatrice familiale installée à Danjoutin, en traite chaque semaine dans son cabinet.
Il y a quelques années, elle a, à l’instar d’autres collègues, mis en place des groupes de parole avec des patients accueillis de façon individuelle, estimant que le partage « d’un problème peut susciter un écho à l’intérieur de soi-même. Ainsi, on peut dédramatiser une situation ensemble », explique-t-elle. Elle veut désormais mettre cette expérience en pratique avec les parents. « On ne naît pas mère, père, on le devient, on apprend, et au fur et à mesure que l’enfant grandit, on apprend à l’accompagner », estime-t-elle. Ce qui ne se fait pas sans heurts ou coups d’arrêt, en fonction des événements de la vie de la famille et des grands virages de l’enfance. « Derrière la préoccupation des parents, il y a la peur de mal faire. Or, chaque parent a un potentiel important à mettre au service de son enfant », et il n’en a pas toujours conscience. « Ces ressources potentielles doivent être mises en lumière, c’est fondamental. »
Un cadre sécurisant posé par le thérapeute
L’échange, le partage avec d’autres parents a pour but de dédramatiser certains problèmes du quotidien qui finissent par empoisonner la vie. « Dans ces groupes, les parents se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls à vivre les mêmes choses, même si chaque enfant est unique. Il n’y a évidemment pas qu’une ligne de conduite, mais chacun peut déterminer des pistes, des chemins à emprunter ».
Beaucoup de structures institutionnelles, dans l’Aire urbaine, proposent des groupes de parole pour les familles (lire ci-contre), mais elles touchent souvent des catégories ciblées : familles de quartiers plus sensibles, familles homoparentales, accueils pour les bébés uniquement, pour les aidants d’un type de maladie, etc. L’enfance est souvent très compartimentée. Et très normée : « La société a tendance à culpabiliser les parents même dès avant la naissance, relève la thérapeute. Le regard est souvent trop critique alors que les parents font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils sont. On a beaucoup oublié qu’on s’adresse dès le départ à une personne, un être humain, et donc un adulte en devenir. Les parents font tout pour que cet enfant acquière un équilibre psychique, émotionnel, mais les références des uns ne sont pas celles des autres ». D’où l’intérêt de croiser ces repères, avec des parents plus ou moins aguerris, dans un cadre sécurisant posé par le thérapeute, permettant de garantir la confidentialité, le non-jugement, le respect de la parole de chacun, l’écoute mutuelle. « Si on est vraiment à l’écoute des parents, ces temps de consultation peuvent suffire à dénouer des problèmes », constate Marie-France Casoli, qui remarque encore que « beaucoup de parents ne savent pas comment leur enfant respire ». Prendre le temps de se poser, simplement, pour mieux regarder l’autre.
Marie-France Casoli anime une fois par mois un groupe de partage et d’échanges ouvert à tous les parents. Le prochain aura lieu le mardi 15 mai à 20 h 30 à la librairie jeunesse La marmite à mots, (renseignements au 03.84.21.12.69), 1 place de la Petite-Fontaine à Belfort (face à la Poste de Brisach).
La Courte Échelle, au Centre des Hexagones dans le quartier de la Petite-Hollande à Montbéliard, est un lieu d’accueil parents enfants proposant un panel très complet de conférences, espace de jeux et de rencontres, atelier de communication familiale à destination, essentiellement, des 0-3 ans (renseignements au 03.81.99.20.07).
À Belfort et dans le Territoire, le Réseau d’écoute, d’appui, d’accompagnement des parents (Reaap 90) recense tous les groupes et accueils parents enfants relevant de partenariats institutionnels mis en place dans le département (liste sur le lien www.reaap90.fr/userfiles/files/Guide/guide_education.pdf) Plus ponctuellement, les centres socioculturels organisent régulièrement des conférences sur la parentalité.








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