Belfort Un an de prison ferme pour un commerçant cambrioleur
Ses dénégations et sa grande volubilité à la barre n’ont pas réussi à convaincre, hier, les juges montbéliardais de son innocence : Mustapha, un commerçant belfortain quinquagénaire bon teint, écope d’un an de prison ferme.
Son passé de cambrioleur « monte-en-l’air » a rattrapé Mustapha Guellab qui s’était, semble-t-il, fait un nom dans le vol acrobatique… Mais le commerçant établi au centre-ville de Belfort où il fait commerce de matériel d’occasion, et en particulier des jeux vidéo, était rangé depuis une quinzaine d’années.
C’est pourtant lui que les policiers sont venus chercher mercredi alors qu’il ne s’y attendait plus. Car les faits qu’on lui reproche, ainsi qu’à son complice Jérôme Oliveira, 30 ans, remontent aux mois de décembre 2009 ainsi que février et août 2010. Deux cambriolages et une tentative au préjudice d’une enseigne de la grande distribution.
Dans le premier cas, le 3 décembre 2009, les malfaiteurs se sont laissés glisser le long d’une corde depuis le toit. Ils ont raflé pour 3050 € de jeux vidéo et consoles de jeux. Le 28 février suivant, des cambrioleurs entrés toujours par effraction, mais en brisant une vitre située à l’arrière de l’hypermarché, ont fait main basse sur un lot important de… jeux vidéo et consoles ! Montant du butin : plus de 6500 € ! La troisième fois, le 2 août, la tentative a avorté car ils ont été mis en fuite par un agent de sécurité, oubliant dans leur hâte un sac contenant des écharpes, bonnets, gants.
Jérôme reconnaît sa participation à cette dernière expédition. Il faut dire qu’il n’a pas le choix : ses empreintes génétiques ont été retrouvées sur une paire de gants ! En revanche, il conteste toute participation dans les deux autres cambriolages, bien que son « ami » Mustapha n’hésite pas à le « mouiller » dans le second. Il faut dire que Mustapha a perdu du sang sur la fenêtre et sur le sol le 28 février. Qu’à cela ne tienne, il fourbit une explication comme une arme imparable : « Je me suis blessé en m’appuyant sur la vitre cassée. Je ne savais pas qu’elle était brisée. Je reconnais que j’étais là, mais uniquement parce que Jérôme et le complice avec qui il cambriolait le magasin m’avait appelé en urgence pour venir les chercher ! » La ficelle est grosse. « Vous nous prenez pour des truffes ? » s’inquiète le président Alain Troilo.
Mustapha a beau jurer les grands dieux que « non monsieur le président, je ne me permettrais pas, car vous avez ma vie entre vos mains », le tribunal n’en croit pas un mot. Se tournant vers Jérôme : « Il dit que vous étiez dans le magasin, c’est vrai ? ». Réponse du jeune homme, qui a nié sa participation devant les policiers mais qui lâche, dépité : « Puisqu’il le dit… ».
La procureure de la République, Thérèse Brunisso, rappelle que c’est parce qu’il a fallu du temps au laboratoire de police de Lyon pour effectuer les analyses d’ADN que ce dossier arrive seulement maintenant devant le tribunal correctionnel de Montbéliard. « La comparution immédiate s’imposait car Jérôme, actuellement en prison, est libérable très prochainement », précise la magistrate, qui est convaincue de la culpabilité des deux prévenus et requiert des lourdes peines de prison à leur encontre.
Me Valérie Chassard, pour le compte de Jérôme Oliveira, tente d’atténuer la sentence de trois ans de peine plancher requise. Elle fait valoir que son client « joue les petites mains pour un commanditaire unique. Mais il n’est pas le seul. Plusieurs équipes sont sans doute recrutées ». Quant à Me Marion Gonet, elle plaide la relaxe pour Mustapha, estimant qu’il n’y a aucune preuve contre lui, hormis les traces de sang du 28 février : « Mais puisque Jérôme Oliveira reconnaît que Mustapha n’était pas dans le magasin..»
Le tribunal condamne Mustapha à un an de prison ferme. Jérôme Oliveira écope de six mois. Un mandat de dépôt est délivré pour les deux.








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