Éducation nationale Ces contrats précaires qui se multiplient
le 28/01/2012 à 05:00 par Karine Frelin
La crise économique permet à 27 nouveaux EVS de trouver un poste jusqu’au 17 juillet. Rejoignant les contrats en cours qui souhaitent voir évoluer leur statut. Photo Karine Frelin
EVS, assistants d’éducation, AVSi, AVSco… Une kyrielle de contrats précaires intègre, bon an, mal an, les établissements scolaires. Toujours limités dans le temps, de droit public ou privé, et parfois moins bien payés qu’une indemnité chômage…
Le recrutement, par Pôle emploi, est en cours de 27 nouveaux contrats d’EVS (Emplois vie scolaire) pour le Territoire de Belfort, dans les premier et second degrés. Des contrats de six mois renouvelables deux fois, de droit privé, dont le temps de travail est fixé à vingt heures hebdomadaires, annualisées. Ce qui est, si l’on s’en tient aux chiffres, une bonne nouvelle. Pour le SE-Unsa, l’un des principaux syndicats enseignants du Territoire de Belfort, ces recrutements sont plutôt « un pis-aller, remarque Yves Feurtey, secrétaire départemental et régional pour l’éducation. Ça aide évidemment les établissements mais le principal objectif est de résorber les chiffres du chômage. Ça ne crée pas un nouveau métier, ce qu’on souhaiterait ».
Emplois vie scolaire, Auxiliaires de vie scolaire individuels ou collectifs, assistants d’éducation… Les dénominations sont variées, quand certains ne cumulent pas deux fonctions. C’est le cas d’Évelyne à Belfort : elle est aujourd’hui EVS dans deux écoles, faisant office d’AVSi pour l’une. La Ville complète son contrat par de l’aide aux devoirs auprès d’une petite fille malvoyante. Le tout avec une date butoir. Idem pour Yacine, qui a été d’abord EVS durant six mois, et qui est aujourd’hui AVSi, lequel requiert le niveau bac. Il termine une formation obligatoire de soixante heures, où il apprend à appréhender l’enfant en situation de handicap. Or, il a été nommé AVSi avant d’être formé… « La loi du 11 février 2005 impose d’intégrer les enfants en situation de handicap. Certains cas nécessitent un AVSi, explique Yves Feurtey. L’Éducation nationale en met à disposition tant qu’elle en a, et s’il n’y en a plus, elle prend sur le volant d’EVS ».
Formule inédite dans le Territoire
Pourtant, les types de contrats ne sont pas les mêmes : les AVS doivent avoir le bac et bénéficient d’un contrat de droit public de trois ans renouvelable une fois, les EVS, sont des contrats aidés de droit privé. Dans le Territoire de Belfort, on teste une formule inédite avec les anciens EVS seniors, dont les contrats ont pris fin en septembre pour la plupart. Ces neuf personnes n’avaient pas le niveau requis pour devenir AVSi. Ils ont été évalués en interne pour obtenir une équivalence reconnaissant leurs années : sur les neuf, cinq ont validé l’équivalence, trois en qualification de niveau IV, une au niveau V. Deux sont aujourd’hui AVSi, une en attente.
« C’est un cas atypique qui n’a jamais été testé nulle part ailleurs que dans le Territoire », relève Alain Guyot, responsable du collectif EVS 90 qui continue à se battre pour voir pérenniser ces statuts. Il est aujourd’hui AVSi dans le sud du département et a choisi de travailler plutôt que de pointer à Pôle emploi : ironie du sort, l’indemnité chômage, basée sur 660€ par mois, était plus importante que le mi-temps qu’il réalise à Joncherey et Beaucourt, rémunéré entre 550 et 580€. Avec un niveau bac.
le 28/01/2012 à 05:00 par Karine Frelin
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