Concours Graine de miss, pour faire comme les grandes
le 11/01/2012 à 05:00 par Karine Frelin
Concours de Graine de miss Alsace le 6 novembre dernier : Lola (n°23) a été élue parmi 50 candidates et 300 personnes. Elle a huit dauphines, quatre de 6 à 9 ans, quatre de 10 à 13 ans. Archives Jean-Marc Loos
Le premier concours en Franche-Comté de petite miss aura lieu dimanche 22 janvier à Baume-les-Dames. Qu’est-ce qui pousse les petites filles à s’y présenter ? Maud Chevallier, l’organisatrice, insiste sur la notion de jeu.
Léïna Keskas, 5 ans et demi, le répète depuis qu’elle a 4 ans : « Elle veut être star des magazines, sourit sa maman Fabiola. Tu sais ce que ça veut dire ? » Léïna, l’air déterminé, n’en démord pas : « Ça veut dire star dans TOUS les magazines ». Un point, c’est tout, et la blondinette aux yeux bleus reprend son ruban de gymnastique rythmique synchronisée qu’elle fait s’envoler dans le salon. Léïna aime les « robes à paillettes »,« le rose, et même le violet », et elle veut être miss parce qu’on « met des robes et pour gagner. On a la coupe et on est les champions ». Un point, c’est tout.
C’est en regardant un reportage sur les petites miss que la petite Belfortaine a dit à sa maman : « C’est ce que je veux faire. Moi, j’ai cherché sur Internet un concours dans le secteur et on s’est inscrit au Baby Talent ». Léïna est trop petite pour participer aux Graines de miss, mais elle n’a pas encore 6 ans, l’âge requis. Alors, avec son entraîneur de GRS, elle a mis au point une chorégraphie au ruban d’une minute vingt, la durée maximum autorisée par le concours, pour remporter, au moins, le Baby talent.
Ce concours est organisé dans les 22 régions françaises avant une grande finale prévue à Paris pour les Graines de miss et les Mini talents. L’organisateur est bas-rhinois, de Schiltigheim, une région très attirée par les miss, enfants ou adultes, en atteste la nouvelle Miss France Endémol.
Pour Maud Chevallier, qui gère depuis 2005 le comité Mini Talent, l’envie ne date pas d’hier d’organiser, à l’instar des comités de miss, des concours de fillettes qui porteraient l’écharpe suprême de la beauté. Mais c’est réellement depuis 2006 que le phénomène, venu des États-Unis, a pris corps en France, d’abord en Ile-de-France, et avec plus ou moins de bonheur en province. Bizarrement, la Franche-Comté ne s’y était pas encore frottée, alors qu’en Alsace et en Lorraine, à une moindre mesure, les organisateurs refusent des candidates tant elles sont nombreuses.
« Je travaillais à Paris dans des concours de miss pour enfants, se souvient la jeune femme. Je m’en suis détachée et j’ai créé mon propre comité, Mini talent France. On a commencé en Lorraine mais on s’est rendu compte que la demande n’était pas là. On n’avait pas le nombre de candidats escomptés. On a alors réfléchi à un concours de miss junior et à trois semaines du concours, on avait une centaine de candidates dans les Vosges ». La demande des parents portait plus sur les concours de beauté que sur les prestations artistiques ou sportives de leurs rejetons, ce que Maud Chevallier n’a cependant pas abandonné : à chaque concours de Graine de Miss, elle adjoint un concours de Mini talents pour les enfants de 3 à 6 ans, 7 à 12 ans et 13 à 18 ans. « Ce concours est mixte, l’enfant ou l’adolescent doit présenter une prestation en chant, en danse, dans les arts du cirque… »
Elle sait cependant que ce qui capte l’attention, ce sont les concours pour les petites filles. Mais Maud Chevallier s’est imposé des règles, qui ne sont pas toujours suivies dans d’autres comités : « J’interdis le maquillage, le passage en maillot de bain, les talons au-delà de 4,5 cm et les talons aiguilles. L’objectif n’est pas de transformer ces enfants en femmes. Et je le dis aux parents : si ça dérive, la candidate est disqualifiée ». Elle fournit donc un gros travail d’information en amont, pour éviter, ensuite, les mécontentements, qui sont souvent inévitables. « Nous, on explique bien aux petites filles que c’est un jeu, dans lequel il va y avoir un défilé de mode, avec des gagnants et des perdants. Quand au jury et au public, on lui demande de trancher sur la prestation de la fillette dans sa globalité ». Comme pour une élection de « grande » miss, lesquelles participent d’ailleurs souvent aux jurys : « Au premier passage, les petites défilent en robe, de la plus jeune (6 ans minimum) à la plus âgée (13 ans maximum), puis elles se présentent au micro. Et reviennent en groupe avec une chorégraphie qu’on leur a apprise le matin. Enfin, elles reviennent avec une tenue à la mode, qu’elles auront aussi apportée. De toute façon, s’habiller à la mode, elles le font tous les jours. Quand j’étais petite, mes copines ne se pomponnaient pas comme aujourd’hui. La morphologie des petites filles a changé aussi ».
Si ces concours de petites miss restent la passion de Maud Chevallier, elle garde la raison et passe souvent du temps « à freiner les mamans : on peut aimer mais sans aller au-delà des règles des enfants. Et on dit aux parents que la vie ne tient pas à un concours de petites miss ». Léïna n’en est pas encore consciente, sa maman reste prudente. Même si elle discerne déjà un certain potentiel chez sa fille, qui aime prendre la pose. Si l’envie persiste, Fabiola, d’ailleurs, avoue qu’elle n’hésitera pas à la soutenir. Pour une maman, sa fille est toujours la plus belle.
le 11/01/2012 à 05:00 par Karine Frelin
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