130 ans du Lion Dites-nous, Monsieur Bartholdi

le 04/09/2011 à 05:00
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Frédéric Auguste Bartholdi. DR

Frédéric Auguste Bartholdi. DR

À l’occasion des festivités prévues pour les 130 ans du Lion, André Larger, historien belfortain, imagine une série d’interviews de Frédéric Auguste Bartholdi. À suivre chaque jour dans Le Pays jusqu’à la fête des 17 et 18 septembre.

Et Belfort ? Nous n’en avons guère parlé jusqu’à présent. Connaissiez-vous la ville qui, par deux fois déjà en 1813-1814 et 1815, avait brillamment résisté aux assauts des troupes venus d’Outre-Rhin ?

Belfort ? Jusqu’en 1870, Belfort ne fut pour moi qu’un nom, celui de l’une des sous-préfectures du Haut-Rhin. Belfort ? Une simple station de chemin de fer sur l ligne Paris-Colmar lorsque je rendais visite à ma mère. De Belfort je ne connaissais que la gare où le train marquait un bref arrêt. Je n’avais jamais visité la ville elle-même.

Quand avez-vous fait véritablement connaissance avec Belfort pour la première fois ?

J’ai eu un premier aperçu de Belfort en 1870, lors des premiers mois de la guerre avec la Prusse. Je faisais partie de la garde nationale parisienne mais, quand j’ai eu connaissance de nos déboires en Alsace et de l’avancée des troupes prussiennes, je suis accouru à Colmar auprès de ma mère et j’ai accompli mon devoir en entrant dans la garde nationale de ma ville natale. Quand je me suis aperçu que tout était perdu, je suis parti vers le sud, vers la France encore libre. C’était le… voyons cela… Je l’ai noté… Ah voilà : « Interrompre le journal. Partir pour Belfort ». C’était le 30 septembre 1870.

Quelle impression vous a fait Belfort ?

Je n’y suis resté que quelques jours, car je suis reparti pour Tours dès le 4 octobre. À Belfort j’ai offert mes services au général Cambriels qui assumait à ce moment le commandement de la place forte, mais la situation était telle qu’il a décliné mon offre. Comme je vous l’ai dit j’ai gagné Tours où j’ai reçu ma nomination d’aide de camp auprès de Garibaldi qui commandait l’armée des Vosges. Quand à Belfort ce qui m’a surtout frappé, c’est, comme je l’ai écrit à ma mère, « l’aspect très curieux » de la ville. Mais ce n’était qu’une impression très superficielle, je n’avais guère eu le temps de tout voir, d’étudier le site comme je le ferai plus tard. Autant vous dire que mes travaux était arrêté. Le Vauban que m’avait commandé la ville d’Avallon était en panne et il l’est resté un certain temps.

le 04/09/2011 à 05:00

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