130 ans du Lion Dites-nous, Monsieur Bartholdi
Frédéric-Auguste Bartholdi. DR
À l’occasion des festivités prévues pour les 130 ans du Lion, André Larger, historien belfortain, imagine une série d’interviews de Frédéric-Auguste Bartholdi. A suivre chaque jour dans «Le Pays» jusqu’à la fête des 17 et 18 septembre.
Monsieur Bartholdi, votre nom est très souvent estompé par celui de vos œuvres les plus connues. On vous connaît peu et bien des rumeurs circulent à votre sujet. L’une des plus tenaces concerne vos derniers instants : est-il exact que vous vous soyez suicidé en vous jetant dans le vide du haut du Lion, car vous auriez omis de doter ce dernier d’une langue ?
Balivernes que tout cela. Êtes-vous déjà allé voir à l’intérieur de la gueule de ce noble animal ? Avez-vous, un seul instant, imaginé mon lion tirant la langue ? De quoi aurait-il l’air ?
Un peu de sérieux cher Monsieur. J’aimais beaucoup trop la vie pour avoir songé à la quitter de moi-même, d’autant que je n’avais pas encore achevé le monument des Trois Sièges et que j’avais encore d’autres projets.
Usé par les ans – j’avais alors 70 ans – je me suis tout bonnement éteint à mon domicile parisien le 4 octobre 1904 et j’ai été inhumé quelques jours plus tard au cimetière du Père Lachaise.
Ah les rumeurs ! Que de mensonges ne répandent-elles pas !
Bartholdi… c’est là un nom à consonance italienne. C’est tout à fait curieux pour quelqu’un qui est né au cœur de l’Alsace. Comment l’expliquez-vous ?
Ma famille n’est aucunement d’origine italienne, mais allemande.
De confession protestante, mes ancêtres sont venus du Palatinat et ils avaient pour nom Barthold. Ils ont un jour franchit le Rhin et, fin XVII e-début XVIII e siècle, ils ont latinisé leur nom : les Barthold sont devenus Bartholdi. La simple adjonction d’un « i » a suffi.
Le premier à s’installer à Colmar, au XVIII e siècle, est Gilles François Bartholdi, pharmacien de son état. C’est dans cette ville que je suis né le 2 août 1834.








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