FC Sochaux C’était quoi, ce match ?
À Nancy, Sloan Privat et les Sochaliens affichaient une possession de balle avoisinant les 70 % ! Photos Christian Lemontey
Les Sochaliens sont passés par tous les états hier soir sur la pelouse d’une équipe de National… euh pardon, de Nancy. Récit d’un match complètement fou (1-1) que les hommes d’Hély auraient dû remporter mille fois, mais qu’ils ont bien failli perdre.
Il est donc possible de mener au score et de quitter sa propre pelouse, à la mi-temps, sous les huées nourries de ses supporters. Il est donc possible d’aligner une équipe spectrale, et de regagner ses vestiaires avec un but d’avance. Ce match de la peur a décidément baigné dans le surnaturel hier soir en Lorraine. Un mauvais épisode de « X Files » pour les hommes d’Eric Hély qui ont longtemps donné à ce Nancy - Sochaux des airs de Fesches-le-Châtel - Barça ! Et pourtant, ce sont bien les hommes de Jean Fernandez qui pointaient devant au tableau d’affichage à la pause ! Il leur a suffi, pour cela, de pénétrer une fois, une seule, dans la surface de réparation doubiste. Et d’appuyer sur le point faible récurrent, presque historique, du FCSM : les coups de pied arrêtés. Puygrenier jaillissait ainsi dès la 14e minute devant Kanté, absent, pour mettre fin à une série de 609 minutes sans marquer de but. Le réveil venait donc de sonner à 10 h 09 pour Nancy (1-0, 14e), mais la suite des débats allait franchement tenir du grand-guignol.
Le chef-d’œuvre de Roudet
Ultra-dominateurs, les « Jaune et Bleu » allaient en effet ridiculiser leur adversaire, perdu comme le bambin ne retrouvant plus ses parents au supermarché. « Je ne sais pas vous, mais moi depuis mes cages, j’ai pris pas mal de plaisir à voir jouer mon équipe, voulais noter Simon Pouplin. I l y avait toute la panoplie du beau football : des débordements, des décalages… ». Mais pas la finition. Malgré une possession de balle avoisinant les 70 % (300 passes à 100 à la mi-temps !), Sochaux ne parvenait pas à égaliser. Les vagues déferlaient sans discontinuer, mais ni une frappe croisée de Privat (27e), ni des tentatives puissantes de Boudebouz ou Contout ne rétablissaient la logique. On se pinçait alors pour y croire, mais Nancy venait bien de préserver, miraculeusement, son court avantage.
Le sketch, toutefois, n’allait plus durer bien longtemps. Revenus des vestiaires avec une envie identique, les Sochaliens pressaient comme des citrons des Nancéiens en panique, et lorsque Roudet, suite à un coup franc de Boudebouz sur la barre, trouvait la lucarne d’une superbe frappe des 30 m (1-1, 56e), on se disait que la farce venait de prendre fin. Lourde erreur ! Ce match complètement fou devait encore réserver bien des surprises. Cinq minutes plus tard, Bakar était en effet expulsé pour une semelle sur Boudebouz, et fort logiquement… c’est le moment que choisissait Nancy pour se réveiller, bien aidé il est vrai par un FCSM bizarrement moins entreprenant. La rencontre virait alors au grand n’importe quoi. Pas dans l’esprit « foire à la saucisse ». Plutôt dans celui d’un parc d’attractions réservant une surprise à chaque minute. Il y eut donc, pêle-mêle, une sortie de Moukandjo sous les huées de ses supporters, un missile de Privat touchant la barre puis la ligne, sans rentrer, mais aussi l’apparition imprévue d’un super-héros sur la pelouse !
Pendant 80 minutes, Simon Pouplin avait eu tout loisir de se coudre une cape. Il l’enfilait alors dans les derniers instants pour sortir deux parades insensées, une fois de plus, face à Louis et Sané. Sochaux, qui aurait pu, dû l’emporter largement, venait de friser la correctionnelle. « C’est pour ça qu’il y avait beaucoup de positif dans le vestiaire, assurait le goal volant. On est conscient que malgré notre domination, Nancy nous a mis sous pression sur la fin ».
On aura le temps, désormais, de disserter sur cette rencontre aux multiples facettes. De décréter si, oui ou non, ce point pris à l’extérieur est une si bonne affaire que ça. Hier soir, le FC Sochaux voulait simplement rentrer à Bonal, et se remettre calmement de tant d’émotions. Avec en tête, toutefois, une première évidence : il y a beaucoup, beaucoup plus faible que lui dans ce championnat.








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