L’invité Cédric Kanté : « Le maintien s’acquiert en ne prenant pas de but »
Cédric Kanté, l’un des joueurs expérimentés de cette jeune équipe sochalienne. Photo Lionel Vadam
Même arrivé, il y a peu, Cédric Kanté est un garçon écouté dans le vestiaire sochalien. À la veille de recevoir Troyes, il prône le besoin d’être solide avant toute chose pour capitaliser.
Cédric, le match de Saint-Étienne est-il effacé des esprits sochaliens ?
Non, pas totalement. Il est encore un peu dans toutes les têtes. C’est tout de même le départ de notre saison au niveau comptable. Même si tout n’a pas été parfait, il faut retenir le résultat. Quoiqu’il puisse se passer cette saison, cela restera une date forte. Cette victoire nous permet d’être plus sereins pour la suite. Prendre trois points, nous rapproche donc un peu plus du maintien. Les deux dernières saisons se sont jouées à sept ou huit équipes dans la dernière journée. Gagner un match, quel qu’il soit, est important.
À Saint-Étienne, tout n’a pas été parfait, en convenez-vous ?
On a revu les images. Les trois quarts de nos erreurs grossières sont vraiment de notre faute, dues à des inattentions. Des pertes de balle trop faciles sur touches etc. Mais, paradoxalement, nous n’avons pas pris de but. Nous ne pouvons pas nous relâcher, ce sont tous les joueurs qui permettent à l’équipe d’être plus solide. Le maintien s’acquiert en ne prenant pas de but et en gagnant 1-0. Pas en marquant quatre buts à tous les matches.
À quoi sont dues ces erreurs à votre avis ?
Il y a beaucoup de jeunesse dans cette équipe et donc un déficit d’expérience. Mais ça va devenir une force quand la mayonnaise aura pris. Nous sommes en reconstruction avec un gros potentiel, nous avons le niveau physique et technique mais un manque d’expérience, de vice. C’est notre devoir, à nous joueurs les plus expérimentés, d’aider les jeunes à se mettre au diapason. La Ligue 1 se joue beaucoup sur l’expérience.
Face à Troyes, le but n’est-il pas de bonifier le succès dans le Chaudron ?
Après une série négative comme la nôtre, il faut absolument une série positive qui équilibre tout ça. Pour se maintenir, il est indispensable d’avoir une moyenne de plus d’un point par match. On joue Troyes qui sera peut-être amené à lutter pour le maintien aussi. Nous devons donc gagner et voir Troyes dans le rétro jusqu’à la fin. On joue à domicile et nous n’avons pas encore gagné. Un succès nous fera grand bien psychologiquement.
Jusqu’à maintenant, tous vos buts ont été marqués sur coups de pieds arrêtés. Qu’en pensez-vous ?
À moyen terme, on ne pourra pas s’appuyer que sur des coups de pieds arrêtés. Il va falloir marquer dans le jeu. Mais je vous avoue que la manière de gagner n’est pas trop notre problème à court terme, même si avant fin septembre, il sera indispensable aussi de se rassurer dans le jeu tout en en restant solide. On a vu des mi-temps où il y avait des choses intéressantes lors de nos précédents matches. Et même si c’est difficile au niveau du jeu, si on capitalise, je prends.
À Saint-Étienne, votre collaboration avec Mathieu Peybernes a paru s’améliorer ?
Mathieu est assez à l’aise, il a un gros caractère et j’aime bien les défenseurs centraux qui prennent des initiatives. Il possède, en outre, des qualités individuelles intéressantes et l’on se complète bien, même notre entente devra être jugée sur le long terme. À Saint-Étienne, il y a eu de bonnes choses mais on aurait pu en prendre trois. On sera solide, en fait, quand l’adversaire n’aura quasiment pas d’occasions.
Un mot sur Kalilou Traoré que vous connaissez bien.
Kalilou peut être le joueur qui participe à solidifier la défense. Désormais, dans l’axe de nombreuses équipes jouent avec un numéro dix. Il peut nous régler pas mal de soucis. Lui qui est très physique, nous soulagera davantage car il sollicite le ballon, ne le perd pas et le transmet vite aux attaquants. Je le connais depuis longtemps (N.D.L.R. : ils ont joué ensemble dans l’équipe du Mali avec laquelle Cédric a pris du recul depuis son arrivée à Sochaux). Je suis sûr qu’il va faire une grosse saison. Il va vite s’adapter car dans le vestiaire se trouvent de nombreux joueurs africains. Bien plus qu’au Danemark, où il était auparavant.
Avez-vous aussi entendu parler de l’apport du public en fin de saison dernière à Bonal?
Les résultats font tout. Le public sait bien que nous n’allons pas jouer le titre. Si nous affichons la bonne attitude, nous nous battons, il nous suivra. Ce qui s’est passé après Montpellier, avec Ryad par exemple, n’est qu’un épiphénomène. Cela arrive dans tous les clubs, cela ne me perturbe pas. Il faut juste savoir que quand on est contre Ryad qui fait partie de l’équipe, on est contre l’équipe et il y a plus urgent de savoir ce que certains pensent dans les tribunes.








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