Un Montbéliardais à Londres L’album-photos souvenir de Michel Orsat

le 14/08/2012 à 05:00 Yvan Goepfert
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Michel Orsat, qui est venu nous raconter ses souvenirs de Londres, gardera un souvenir impérissable des deux semaines et demie passées aux JO. « C’est vraiment exceptionnel. Je mesure la chance que j’ai eue de faire partie de cette aventure qui m’a permis de rencontrer des grands sportifs tellement sympas », à l’image du handballeur Jackson Richardson. Photo Yvan Goepfert Avec jean-Claude Killy : « Cette fois représente beaucoup pour moi. C’est tout de même avec Monsieur Killy, un grand parmi les grands quand on parle JO »…

Michel Orsat, qui est venu nous raconter ses souvenirs de Londres, gardera un souvenir impérissable des deux semaines et demie passées aux JO. « C’est vraiment exceptionnel. Je mesure la chance que j’ai eue de faire partie de cette aventure qui m’a permis de rencontrer des grands sportifs tellement sympas », à l’image du handballeur Jackson Richardson. Photo Yvan Goepfert Avec jean-Claude Killy : « Cette fois représente beaucoup pour moi. C’est tout de même avec Monsieur Killy, un grand parmi les grands quand on parle JO »…

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Michel Orsat, le responsable des sports de Pays de Montbéliard agglomération, a passé plus de 15 jours comme bénévole au Club France des JO de Londres. Il en est revenu la tête pleine de souvenirs et le cœur rempli d’émotion. Il a côtoyé tellement de stars…

La liste est presque sans fin. Quand Michel Orsat introduit sa clé USB dans l’ordi, des dizaines et dizaines de photos apparaissent à l’écran. En même temps que les stars du sport et de l’histoire du sport défilent, les yeux du Montbéliardais pétillent d’émotion. L’esprit navigue entre la nostalgie d’avoir quitté tout ça, la fierté et l’indicible bonheur d’avoir eu la chance de vivre ces instants de l’intérieur. Killy, Pérec, Betsen, Décosse, Agnel, Manaudou, Muffat, Richardson, Riner, Asloum, Noah, Flessel, Estanguet, Blanc, Batum, Baugé, entre autres, ont eu la gentillesse de poser quelques secondes à côté du Montbéliardais. « J’ai même fait une photo avec Roseline Bachelot et Valérie Fourneyron, l’ancienne et la nouvelle ministre des sports, parce que chacun sait que je suis ni de droite, ni de gauche, bien au contraire », comme disait Coluche. Jean-Marc Barr, Patrick Bruel, Akhenaton, Cali sont aussi passés dans les rêves éveillés de Michel Orsat qui rappelle comment l’aventure a commencé. « J’ai rencontré Bernard Amsallem (le président de la délégation française) quand il est venu à Montbéliard. On a parlé des JO et il m’a proposé de faire acte de candidature. C’est ce que j’ai fait. Il y avait plus de 600 dossiers, et après une entrevue à Paris, 75 bénévoles ont été retenus pour travailler au Club France à Londres ».

Et le lundi 23 juillet, il a débarqué dans la capitale anglaise : « Pendant les trois premiers jours, on a passé notre temps à emballer, déballer des paquets pour tout préparer. Le Club France, c’était vraiment un complexe immense où l’on pouvait mettre 3000 personnes. Ma mission, c’était en gros de veiller au bon fonctionnement de tout ce qui se passait dans la grande halle et dans la mezzanine réservée aux sportifs et VIP. On surveillait, et dès qu’un truc nous paraissait étrange, on devait le signaler au Raid, discret, mais toujours prêt à intervenir. Il faut dire qu’à l’entrée, c’était la grande fouille. Il n’y a pas eu de problèmes majeurs. Parfois, il y avait un sac qui restait dans un coin. Alors on avertissait le Raid par talkie-walkie et les gars intervenaient en toute discrétion. Souvent, c’était une sacoche d’un journaliste oubliée parce qu’il avait plusieurs choses à faire à la fois au milieu des sportifs ».

De 17 h à 3 heures du mat’, Michel Orsat allait à droite, à gauche, en bas, en haut, dehors, pour jeter un œil. « J’ai perdu 3 kg sans faire de sport ! » sourit-il. Il se rappelle encore de l’appui de quelques Anglais pour assurer la sécurité au Club France : « Avec eux, c’était très simple : tu n’avais pas la carte pour passer, tu ne passais pas et point final. Yannick Noah avait beau être Yannick Noah, sans son badge, il restait à l’entrée ! ». Yannick Noah… « Quelle santé, celui-là. Il est partout, il s’amuse tout le temps et met une belle ambiance ». Et dès lors, une anecdote fuse pour chacune des innombrables personnalités qu’il a côtoyées quelques secondes ou quelques minutes ou chaque jour : « Jo-Wilfried Tsonga, quel pitre celui-là ; un vrai gosse ! Mais vraiment sympa ». Sympa, le terme revient sans cesse dans la bouche du Montbéliardais : « Marie-Jo Pérec est tellement gentille ; Sébastien Flute l’archer, Franck Dumoulin le tireur, Brahim Asloum et Serge Betsen le rugbyman étaient souvent là et avaient toujours un mot ou un sourire pour nous ». Et d’ajouter : « Avec Betsen, on a parlé du match de rugby qu’il avait joué au stade Bonal avec l’équipe de France… ».

Allez Michel, racontez encore… Pas besoin de l’en prier quand on le voit en photo tout seul avec Teddy Riner : « Lui, c’est vraiment un gros nounours. Le soir de sa victoire, malgré toutes les sollicitations, il affichait toujours le même sourire, la même joie de vivre. Et surtout, au Club France, on a été impressionné par la grandeur de sa famille. Il faisait rentrer tout le monde. C’était assez drôle mais tellement bon enfant ».

Et les nageurs apparaissent sur l’ordinateur. Camille Muffat, Yannick Agnel et Florent Manaudou posent à côté de Michel Orsat, rien que pour lui : « Quand on regarde la télé, on se dit que ce sont des sportifs fantastiques et on ne pense qu’à ça. Finalement, on se rend compte, tout près d’eux, que ce sont des gamins, tellement simples, presque timides ».

Michel Orsat parle encore avec cette fierté qu’on ressent, de l’honneur de poser à côté de « Monsieur Killy ». Et ne lui demandez pas de parler des moins sympas, il n’est pas là pour ça.

Le côté négatif avec les stars parfois moins cool est tellement ridicule par rapport à ce qu’il a vécu qu’il ne lui paraît guère opportun de l’évoquer. « Pour moi, le Club France, c’était quelque chose de magique avec une ambiance phénoménale et des gens tellement abordables. À chaque médaille d’or, toute la salle reprenait la Marseillaise en chœur et tous les événements étaient vécus si intensément. Je mesure la chance que j’ai eue de pouvoir vivre ça, ces instants de relations humaines uniques. Certains bénévoles étaient dans les bureaux et c’était bien moins valorisant. Alors bien sûr, si on me demande à nouveau de faire partie de l’aventure à Sotchi en 2014 ou à Rio en 2016, je crois que je n’hésiterai pas longtemps pour revivre ça. Je suis crevé, mais je veux y retourner ».

Les anecdotes continuent d’affluer dans les propos de Michel Orsat, surpris par le patriotisme, le nationalisme des Anglais. « J’ai pu me rendre compte de ça quand j’allais à l’extérieur du Club France, en ville ou au parc olympique. Et surtout, il n’y a qu’un seul maillot, l’Union Jack, quelles que soient les communautés, les religions. On est Anglais avant tout ».

Discutez avec Michel Orsat des JO de Londres, et vous comprendrez tout de suite qu’il a vécu un rêve. Et si ses yeux sont éventuellement embués, c’est peut-être parce que l’émotion lui rappellera que c’était vrai.

le 14/08/2012 à 05:00 Yvan Goepfert

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