Handball Les Dieux de l’Olympe
Dans une salle londonienne tout acquise à la cause des Bleus, le capitaine de l’équipe de France de handball Jérôme Fernandez et tout son clan derrière peuvent exulter : les Experts sont champions olympiques pour la deuxième fois d’affilée. Légendaire. AFP/Christophe Simon
En conservant son titre olympique hier face à la Suède (22-21), l’équipe de France de handball est entrée pour toujours dans l’Histoire. Et a refermé les Jeux des Bleus de la plus belle manière, avec une 11 e médaille d’or.
Que c’est beau, une équipe qui gagne et qui ne s’en lasse pas. Des joueurs qui sautent de joie, se congratulent et s’embrassent comme si c’était la première fois.
Ces Bleus-là ont la victoire dans le sang, ce supplément d’âme qui les pousse à l’excellence même quand leur palmarès (déjà exceptionnel) les autoriserait à céder leur place, tout en haut de cet Olympe qu’ils « squattent » depuis tant d’années. Mais ces gars-là ne sont jamais rassasiés, cherchant à marquer l’Histoire de leur sport avec l’orgueil qui sied aux champions d’exception. Et qu’ils demeureront pour l’éternité. Double champion olympique et double champion du monde en titre. Le premier « double double » jamais réalisé par une équipe de handball.
Balic : « Les meilleurs de tous les temps »
Ivano Balic, le génial meneur de jeu croate, avait raison de glisser à l’oreille de Claude Onesta, juste après sa défaite en demi-finale, que c’était bien « la meilleure équipe de tous les temps », car les Experts évoluent sur une autre planète. Celle des géants.
Dans quelques années sans doute, on mesurera à sa juste valeur la portée de cet immense exploit. Quand cette équipe de France, scintillante et magique, sera descendue de son piédestal. Mais hier, c’était elle la reine de la fête. Seule sur la plus haute marche du podium, mimant comme un seul homme la foudre d’Usaïn Bolt devant 12 000 personnes chavirées de bonheur.
La finale ne fut pas un grand match, cadenassée par l’enjeu, et cette maudite pression qui fait déjouer même les plus grands solistes, à l’image de Nikola Karabatic en échec aux tirs (1/5). Mais à défaut de réciter leur meilleure partition, les Tricolores ont fait preuve d’autorité, faisant la course en tête du début jusqu’à la fin. « C’était un match qu’il fallait tenir, confirme Claude Onesta. Les joueurs ont fait parler leur maîtrise et leur expérience pour contrôler sans jamais s’affoler. »
Dinart : « Il parait qu’on était trop vieux »
La prime au champion, qui sait habilement tenir la barre, même dans les moments difficiles. À chaque fois qu’elle fut en difficulté, cette équipe de France trouva une individualité pour la maintenir hors de l’eau, comme Michael Guigou (5 buts) et Xavier Barachet (4 buts) en première mi-temps, ou Daniel Narcisse (4 buts) après la pause. Cet effectif est d’une richesse exceptionnelle.
Et comme la défense fut à nouveau au rendez-vous derrière un impeccable Omeyer (11 arrêts, 34 % d’efficacité), il ne pouvait pas arriver grand-chose à cette équipe malgré l’étroitesse du score et la hargne des Suédois qui n’ont jamais renoncé. « Il parait qu’on était trop vieux pour bien défendre, ironisait après coup le vétéran Didier Dinart (35 ans). Et bien, même en changeant d’option (une 6-0 sans aucun joueur devant) , on termine meilleure défense du tournoi. Ce n’est pas mal, non ? »
Claude Onesta pouvait savourer. Six mois après un Euro décevant - seulement 11 e en Serbie -, ses protégés ne l’ont pas trahi. Reprenant leur marche en avant là où ils l’avaient arrêtée. « Le mec qui se lasse de ça, il ne peut pas revenir, confirme Guillaume Gille. Si on n’est pas capable de faire tous les sacrifices que cela implique en puisant dans ses ressources mentales et physiques, on ne peut pas être au rendez-vous des Jeux. Cette émotion-là, c’est un carburant fantastique. On a pris notre dose pour des années. » Nous aussi.








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