L’invité Alexandre Lacombe : « Cette équipe a la tête et le mental »
Alexandre Lacombe, un président qui se dit confiant avant le coup d’envoi de cette nouvelle saison. Photo Lionel Vadam
De l’exploit du maintien la saison dernière aux contours de cette nouvelle saison qui débute ce soir, Alexandre Lacombe, le président sochalien se livre et affiche sa confiance.
Président, vous êtes vous servi de l’exploit réalisé en se maintenant en Ligue 1 pour construire cette nouvelle saison ?
La saison passée aurait été un gâchis énorme si nous étions descendus. L’équipe valait mieux. La leçon, c’est le mental, la confirmation que quand le groupe et le staff vivent bien, on peut faire de grandes choses. Alors, à quoi s’attache-t-on derrière ça ? On cherche des joueurs qui rentrent dans ce modèle, là, avec une tête bien faite plutôt que de simple footballeur. Mais ce n’est pas récent. On a déjà fait ça avec le centre de formation. On a mis le hôla à certains comportements. Même si les jeunes sont de bons footeux, même s’ils ont du talent. On essaie, de plus en plus, d’être attentif à ça. Quand Bernard Maraval a repris la cellule de recrutement, en février, j’ai insisté à nouveau sur le besoin de faire des enquêtes de moralité. C’est essentiel. Il faut des bons footballeurs avec une tête bien faite.
Sur le marché des transferts, Sochaux a finalement été un club plutôt actif cette saison. Êtes-vous satisfait de votre mercato ?
On verra ça sur le terrain. En théorie, oui, nous le sommes. Le coach souhaitait les joueurs arrivés et qui répondaient à ce que l’on avait défini. Après, c’est la vérité du terrain.
Il semble que vous ayez souhaité apporter plus de maturité. C’est aussi l’un des enseignements tiré de ces derniers mois ?
Mais c’est le cas tous les ans. À chaque fois, on cherche à amener de l’expérience tout en ayant comme base le centre de formation. Sauf que pour trouver un joueur offensif, brillant de 27 ans, c’est compliqué. Ou alors il faut tomber sur des gars qui veulent se relancer, comme ce fut le cas pour Dalmat, par exemple.
Comment la sentez-vous cette équipe, version 2012/2013 ?
Elle a une plus grande valeur car elle a la tête et le mental. Les gars se sont fait fracasser la saison dernière entre fin décembre et avril. Ils en ont pris plein la gueule. Ils ont su faire abstraction de ça pour s’en sortir. Ils seront donc incontestablement plus costauds La force est là. Et puis, je n’ai pas le sentiment que ce groupe se soit affaibli techniquement.
Elle a tout de même perdu de vrais talents.
Maiga en janvier, personne n’en voulait. Et puis, il y en a qui vont se révéler. Regardez Lopy. Et Doubaï, tout le monde parlait d’une erreur de recrutement. Et là, on redécouvre Roudet. Tout ça en sachant que d’autres vont prendre de la maturité. L’équipe actuelle est fabriquée différemment de celle où se trouvaient Ideye et Maïga en pointe. Là, on a mis l’accent sur ceux qui accélèrent sur les côtés. Vous savez, je n’ai pas vu beaucoup d’avant-centre sur le marché. On oriente en fonction des joueurs. Nous ne sommes pas le PSG, un club qui peut dire : nous avons tel système, nous voulons tel joueur. On a des joueurs et le coach s’adapte.
Finalement vous avez gagné beaucoup d’argent dans ce mercato. Le FCSM est-il riche ?
C’est terrible, ça. Vous vous trompez. Ça me fait sourire par apport aux discussions de comptoir que j’entends parfois. Le foot français, pour seulement équilibrer ses comptes, a besoin de vendre. Nous, tous les ans avec Erding, Ideye, Martin. L’année prochaine, on verra… On vend mais on n’a pas la capacité à acheter. Cela fait longtemps que je dis qu’on va dans le mur financièrement en France, et les faits me donnent raison.
Est-ce pour cela que l’OM ne peut, pour l’heure, acheter Ryad Boudebouz ?
Le fait que Marseille vende Diarra ne change pas la face du monde. L’OM allège seulement sa masse salariale mais cela ne lui donne pas du cash. Il vend pour équilibrer. Nous sommes tous dans ce cas. À commencer par Lyon. Le marché ne peut commencer qu’une fois que le trou est bouché. Sportivement, Ryad intéresse l’OM qui n’a pas les sous pour l’acheter.
Voilà qui n’est pas évident à gérer pour le coach sochalien avec ces deux joueurs dans l’attente.
Il a 30 joueurs, c’est mieux que 22, non ? On se plaint qu’on n’a pas de banc et ensuite on dit qu’on en a trop… Pour Damien Perquis, c’est la même chose. Il n’y a pas de club, cela ne bouge pas.
Éric Hély est donc l’entraîneur pour cette nouvelle saison. Qu’est ce qui vous plaît chez lui ?
Il a été le choix qui s’imposait la saison dernière pour faire le dernier tiers du championnat où il ne fallait pas de temps d’adaptation. Mais quelle qu’ait été l’issue, il serait resté. C’était le bon choix, le plus cohérent. Lui, c’est un technicien et un homme. Des techniciens qui savent faire une équipe, il y en a plein. Mais c’est l’homme et ses valeurs qui ont fait prendre la mayonnaise. Et on s’aperçoit que ça fonctionne. Le fait d’entendre les joueurs parler de « coach Hély » suffit à comprendre ce que cela veut dire. Parfois certains se font appeler coach mais sont seulement des techniciens.
Bastia demain (N.D.L.R. aujourd’hui) pour le premier match, que cela vous inspire-t-il ?
Que ce n’est pas le match le plus simple à jouer, celui que j’aurais choisi en ouverture. La saison dernière, c’était une belle équipe et là ils ont fait un recrutement intelligent et sont, évidemment, dans une spirale positive. Après, on ne joue pas sa saison sur un premier match. L’an passé, après six journées, nous comptions 11 points en étant 5e. Et vous avez vu la suite. Il y a quatre ans, nous avions gagné notre premier match lors de la 13e journée… C’est la force du coach de faire que tout le monde relativise le résultat si ça marche, ou pas. Ce n’est pas le premier match qui donne le « la » de la saison.
Quel est donc l’objectif du FCSM ?
Le maintien, comme à peu près 15 équipes dans ce championnat. Même l’OM va nous dire qu’il joue le maintien. Après, on verra… J’avoue que je suis plutôt confiant car le groupe vit sur sa fin de saison dernière et ceux qui sont arrivés donnent l’impression d’être là depuis plus longtemps. J’ai déjeuné, récemment, avec 6 ou 7 joueurs. Je sens quelque chose, un groupe, des mecs ! Je suis donc confiant avec ce qu’on vit, ce qu’on sent dans le vestiaire. Mais cela reste du foot. On le sait, cela ne tient parfois pas à grand-chose.
Que pensez-vous de l’option prise par le PSG ?
C’est bien. Si cela évite que demain les talents fabriqués en France évitent d’aller à la Juve ou au Réal, tant mieux pour le spectacle et notre économie. Marvin aurait pu partir à l’étranger si un club s’était manifesté plus tôt. C’est bien qu’il soit allé à Lille. Si on peut garder les jeunes talents en France, c’est bien. Il faut des locomotives qui tirent. Quand je vois des gamins qui ont sur le dos les maillots de Messi, qu’ils aient ceux du PSG serait sympa aussi. On tape beaucoup sur le foot mais cela me choque moins qu’un basketteur ou un golfeur qui ne paie pas ses impôts en France. Ça me gonfle même, toutes ces leçons sur le foot et l’argent. Les gosses, ils vont rêver d’Ibra et Thiago et tant mieux.
Des talents en existe-t-il encore d’autres à Sochaux ?
Bien sûr. Le jeune Lopy, par exemple. Personne ne le connaissait il y a un an. Je pourrais en citer d’autres. Mais c’est notre histoire, les jeunes. Je l’ai dit, il y a quatre ans : si on s’en éloigne, on se met en danger. Ça comporte des risques évidemment. Mais Marvin Martin quand il entre en Ligue 1 à Marseille, c’est par défaut. de Nombreux coaches veulent des joueurs à 100 matches mais si un gamin est n° 3, il ne jouera jamais. Le centre, c’est notre base et quand, comme contre le PSG la saison dernière, on fait appel à un gars comme Zouma, il fait le métier et ça l’aide à grandir. À nous, ensuite, de les accompagner. Ces derniers temps, il y a une progression car nous arrivons à conserver nos jeunes plus longtemps. Après quand ils ont 130 matches que leur demander de plus ? Ils peuvent partir. Doubler les postes avec des joueurs d’expérience peut condamner nos jeunes.
Dans quelques heures ce sera les trois coups de la saison. Comment l’abordez-vous personnellement ?
Je ne suis pas… Je ne suis plus tendu. Non, j’ai confiance, je vous répète, car je sens quelque chose, un groupe, des mecs !








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