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Rencontres et racines La petite musique des petites mains du festival à Audincourt

Athlétisme Un Bolt foudroyant

le 06/08/2012 à 07:20 A Londres, Gilles Gaihier
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le Jamaïcain Usain Bolt loin devant sur la ligne d’arrivée d’un 100 m olympique de légende. Photo AFP/Adrian Dennis

le Jamaïcain Usain Bolt loin devant sur la ligne d’arrivée d’un 100 m olympique de légende. Photo AFP/Adrian Dennis

Trop vite, trop fort, trop grand, Usain Bolt a renvoyé Blake à ses études en 9’’63, la deuxième performance de tous les temps. Unique !

Comme toujours, Il a caressé son crâne. Il s’est exhorté, a mimé l’envoi d’un éclair, sa saynète favorite avant de s’agenouiller avec les sept hommes les plus rapides du monde. Comme par magie, le stade olympique se transforma en cathédrale recueillie et silencieuse.

Usain Bolt, l’extra-terrestre de Berlin (9’’58) qui avait atterri sur Mars pendant que Tyson Gay et Asafa Powell étaient restés sur Terre, allaient-ils craquer comme à Daegu l’été dernier en volant le départ ? Il se signa, demanda l’aide de Dieu avant d’être libéré par le coup de feu du starter.

Cette fois, le Jamaïcain, malgré ses longs segments, jaillit des starts, à la hauteur ou presque de Gatlin et de Blake, pourtant bien meilleurs dans la mise en action. C’était déjà, l’assurance de revoir, le vrai, le grand, l’unique Usain Bolt qui se releva en pleine accélération pour lancer ses interminables foulées à plus de 40 km/h.

Deuxième performance mondiale de tous les temps

Parfaitement en ligne, il allongea encore et encore, augmentant sa cadence infernale. Au 60 m, le satellite Bolt se détacha pour s’envoler dans l’espace olympique. Un regard furtif sur la droite, un autre sur la gauche lui suffirent pour comprendre qu’il était trop vite, trop fort, trop grand.

En 41 foulées, il avala le tapis rouge de Londres pendant que Blake et Gatlin déjà battus, ne pouvaient que se rendre à l’évidence surtout lorsqu’ils scrutèrent le chronométrage électrique et ses chiffres dorés : 9’’63. Le Roi Usain venait de réaliser la deuxième performance mondiale de tous les temps et s’inviter dans la légende de l’athlétisme comme un certain Pelé dans celle du football. Évidemment, Usain Bolt, le showman, le DJ d’occasion, drapé dans l’étendard jamaïcain comme un empereur, s’en donna à cœur joie, dans un tour d’honneur unique et dans une ambiance folle.

Ceux qui avaient douté de son couronnement, ceux qui s’agaçaient à le voir jouer les relax, les flemmards, les fêtards, pouvaient être édifiés. Bolt avait annoncé la couleur. Et Blake, son copain d’entraînement mais aussi son adversaire direct, a vite compris sa douleur.

Cet homme de 25 ans, qui est balèze bien sûr mais surtout délié, est bien un sprinter venu d’ailleurs. La qualité de son « pied » est tombée du ciel : « Malgré sa grande carcasse, son pied ne s’écrase pas sur la piste mais au contraire, restitue l’énergie » s’extasie encore Jacques Piasenta, l’ancien coach d’une certaine Marie-Jo Perec.

La Foudre vient de tomber sur Londres. L’éclair Bolt a zébré la nuit des Jeux. Jusqu’à dimanche, le Jamaïcain va peupler les rêves du monde entier.

le 06/08/2012 à 07:20 A Londres, Gilles Gaihier

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