Natation Un bronze historique

le 05/08/2012 à 05:01 À Londres, Serge Bastide
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Les nageurs français sont troisièmes au classement des médailles. L’équipe présentait son meilleur potentiel, comme les faits l’ont confirmé. Derrière les États-Unis et la Chine, il y a désormais la France.

Quatre titres, sept médailles, la France sort de ces Jeux Olympiques avec son meilleur bilan. Au classement des podiums, elle s’affiche au troisième rang, derrière les États-Unis et la Chine, mais devant l’Australie. C’est la grande surprise de cette semaine, avec un James Magnussen, la grande vedette de ce pays de natation, orphelin du moindre or.

« J’ai surtout le sentiment du devoir accompli, confie Lionel Horter, directeur de l’équipe de France. Nous avions une vraie responsabilité en termes de performances mais aussi de médailles à apporter. » Ce sentiment, il est nouveau, ce n’est pas si souvent que la discipline comptait autant (pour moitié question or jusqu’ici) dans le décompte des lauriers.

« Nous avions cette possibilité, ce potentiel, et le réaliser fait plaisir. » La belle histoire n’est pas nouvelle non plus, elle a pris le temps de mûrir, d’abord avec le titre mondial signé Roxana Maracineanu en 1998, l’or olympique de Laure Manaudou ensuite (2004), celui d’Alain Bernard à Pékin-2008.

« J’ai l’impression que le 4x100m est un autre déclic. Gagner avec un relais demande une démarche très aboutie. Cela démontre la maturité de la natation française. » Cette fois, surtout, les cocoricos n’ont pas sonné que pour un seul (ou une seule) nageur (se). Il n’y a plus le phénomène Laure Manaudou qui compense les manques par ailleurs.

Camille Muffat, Yannick Agnel, Florent Manaudou, les relayeurs des 4x100m et 4x200m garçons plus le 4x200m filles (en bronze) sont là pour affirmer qu’il y a du beau monde dans plusieurs distances, et dans différentes structures d’entraînement (Marseille, Nice, Amiens, Paris, Antibes…)

« On est devant l’Australie, mais il ne faudra pas s’inquiéter si l’an prochain aux championnats du monde à Barcelone, on gagne autant de médailles et que l’Australie en décroche sept en or. Ils vont rebondir, j’en suis sûr. » Ils l’ont déjà fait, ils le referont. « Mais quand on vise le haut niveau, on ne peut pas trouver bizarre d’être aussi bien classé. »

« Rien n’a vraiment avancé »

Cette moisson dorée est aussi le fruit d’une nouvelle génération. Il n’est pas là question de la fin d’une époque, ni d’adieux de nageurs sur le départ. Alain Bernard s’arrête mais son départ est vite comblé par le duo du sprint Agnel-Manaudou.

« Dans cette équipe il y a l’expérience, il y a la jeunesse, la maturité et le talent. Ce mélange nous donne un gros potentiel. » Pour Rio-2016, rendez-vous est d’ores et déjà donné pour être à la lutte pour plusieurs titres majeurs, sur les 100m et 200m (avec Yannick Agnel, 20 ans), les 50m et 100m (Florent Manaudou, 21 ans), le 4x100m.

« Et si Camille Muffat décide de continuer à ce même haut niveau pendant quatre ans de plus, elle sera là aussi. Plus l’émergence de l’un ou l’autre jeune. L’avenir est réjouissant. » La France fait partie du podium de tête et elle a les arguments pour s’y installer. Après l’Euro 2010, où elle s’était affichée en tête (une première), elle confirme son statut.

Ces performances ne doivent pas cacher la pauvreté des moyens d’une natation qui regarde avec envie les équipements qui fleurissent en Italie et en Espagne, pourtant en retrait dans les résultats à Londres. « Depuis 25 ans, rien n’a vraiment avancé. À Mulhouse, on a en partie résolu le problème, pas ailleurs», déplore Lionel Horter. La France n’a toujours pas sa grande piscine, et le nouveau gouvernement en place a remis en cause l’accord signé par l’ancien. Le dossier n’avance pas, un peu partout ailleurs, en France, c’est la même histoire. « Devant nous, le challenge est multiple. Il y a des motifs de confiance, mais il faut valoriser, reconnaître le travail de l’encadrement, l’un des meilleurs au monde. »

« C’est fait, mais pas assez à mon goût. Et ce n’est pas forcément une question d’argent ! » Plusieurs entraîneurs de France sont approchés par des structures étrangères, ils n’y ont pas répondu, rien ne dit qu’un appel du pied plus intéressant ne recevra pas, un jour prochain, meilleur accueil. « ll y a un vrai chantier qui nous attend. »

Lionel Horter a lui même confirmé qu’il arrête son poste de directeur de l’équipe de France fin décembre, après l’Euro en petit bain à Chartres.

le 05/08/2012 à 05:01 À Londres, Serge Bastide

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