Basket-ball Mission impossible
Face à Kobe Bryant et des Américains beaucoup plus forts, Ronny Turiaf et les Bleus n’auront pu résister qu’un tout petit quart-temps hier après-midi. Photo AFP/Mark Ralston
Les Bleus de Tony Parker, tout juste convalescent, ont vite compris que les États-Unis étaient trop forts lorsque LeBron James, Bryant et Durand ont trouvé de l’adresse. Maintenant, le plus dur commence…
La montagne aura donc accouché d’une souris. Et la rencontre n’aura duré qu’un bon quart-temps. Le premier. La suite, elle, plutôt soporifique, n’aura pas été forcément rassurante. Et les doutes qui tenaillent Vincent Collet depuis qu’il est arrivé à Londres (absence de Noah et petite forme de Parker) ne se sont surtout pas levés dans la Basket-Ball Arena du Parc Olympique de Londres pleine à craquer et qui ne demandait qu’à monter en température.
Hélas pour les 20 000 spectateurs, le match s’est subitement éteint lorsque la Dream Team américaine mit en batteries ses missiles à trois points, à la reprise du second quart-temps.
LeBron James, Kobe Bryant et Chris Paul sortirent l’artillerie lourde derrière la ligne des 6,75 m. En 2’30, la France prit dans les dents un 11-0 évidemment rédhibitoire (22-21, 10 e puis 33-21, 13 e).
Sans véritable réaction, dominés, voire surclassés au rebond (56-40), Parker et ses copains se liquéfièrent alors, au fil des minutes, prirent cher au final, oubliant de défendre devant ces artistes de la balle que sont Kevin Durant, meilleur joueur et meilleur scoreur du match (22 pts), mais aussi bien sûr Kobe Bryant ou LeBron James lequel joua au petit trot. La Dream Team se mit à dérouler un basket d’attaque flamboyant, recherchant évidemment les grandes envolées (alley-oops, dunks) pour régaler la galerie. Il est vrai aussi qu’il n’y avait pas ou plus d’opposition.
Parker ménagé
En fait, depuis cet orage de gros grêlons à trois points à la reprise du second quart-temps, Vincent Collet avait déjà tout compris. Il a donc logiquement ménagé Parker, tout juste convalescent (béquille à l’épaule), sorti Turiaf, lequel ne pourra jamais faire oublier Joachim Noah, et tenta de minimiser la surprenante discrétion de Nicolas Batum, étrangement hors sujet hier à Londres (7 pts, 2 rbds).
Pour le coach de l’équipe de France, le principal est ailleurs. Contre l’Argentine mardi et la Lituanie jeudi et surtout devant la Tunisie et le Nigeria qu’il faudra au minimum battre pour se qualifier pour les quarts de finale. « Contre une équipe comme les États-Unis, on doit respecter les consignes défensives, tenter de contrôler le rebond, deux secteurs où nous avons été largement dominés. Il ne faut surtout pas laisser l’initiative à cette équipe américaine qui est composée des meilleurs joueurs du monde, ce que nous avons oublié de faire, à l’entrée du second quart-temps. J’espère que ça va nous servir de leçon pour la suite », expliquera Vincent Collet, évidemment soucieux mais aussi réaliste devant les journalistes. « Pourquoi sommes-nous restés bloqués à 2/22 à trois points ? Tout simplement parce que la défense américaine met une énorme pression avec des joueurs au potentiel athlétique exceptionnel ».
Vincent Collet n’en dira pas plus. À quoi bon ! Battre, voire inquiéter cette équipe américaine sans Joachim Noah, avec un Tony Parker à 70 %, et un Nicolas Batum étrangement hors du coup, c’était, tout simplement, mission impossible…








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