Zone bleue Plus de « club France »

le 26/06/2012 à 06:57 À Donetsk, Christian Frichet
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Alou Diarra est un des trois joueurs de l’Olympique de Marseille appelés par Laurent Blanc pour l’Euro. Mais il est le seul à y avoir joué. Photo AFP/Franck Fife

Alou Diarra est un des trois joueurs de l’Olympique de Marseille appelés par Laurent Blanc pour l’Euro. Mais il est le seul à y avoir joué. Photo AFP/Franck Fife

Alors que les pays finalistes s’appuient sur leurs clubs majeurs, la France en est réduite à un grand zapping. Explications.

Il n’y a pas si longtemps, Lyon fournissait jusqu’à six internationaux aux rassemblements de l’équipe de France (2004). Au début des années 90, quand l’OM traitait d’égal à égal avec les grands d’Europe, il y eut même huit Olympiens. Un record.

Lors de cette dernière campagne, le plus gros contingent était encore marseillais avec trois sélectionnés seulement, dont deux (Mandanda et Valbuena) n’ont même pas mis les pieds dans la compétition. Le reste des joueurs convoqués par Laurent Blanc est disséminé aux quatre coins des championnats majeurs. Avec 50  % issus de la Ligue 1. Ce sont autant d’indices qui témoignent à leur façon de la perte d’influence des Bleus.

« Les grands noms du foot s’appuient sur les grands clubs. On sait que chez nous, ce n’est pas le cas et cela ne va pas s’arranger ! ». Laurent Blanc était un brin fataliste devant ce constat. La vie d’une sélection, parce qu’elle est branchée en courant alternatif, est aussi organiquement dépendante de celles de ses clubs majeurs. L’autopsie de cet Euro en témoigne. Jugez plutôt, dix joueurs du Bayern (qui n’est même pas champion d’Allemagne…) sont intervenus lors du dernier match de la Mannschaft, l’Espagne a fait la paix entre sept éléments du Barça et cinq du Real, l’Italie calque son renouveau sur celui de la Juventus, elle a puisé en son sein sept de ses cadres ! Dernier invité dans le carré magique, le Portugal propose en apparence une configuration un peu différente, mais il faut y regarder de plus près. En fait, si la sélection a exporté ses talents, un peu comme ses coaches d’ailleurs, tous proviennent des mêmes écuries de formation : Porto, Benfica et le Sporting.

Rien de tel en France où l’on a substitué des logiques individuelles à ces forces collectives. On vit à la fois dans le culte de l’homme providentiel, numéro dix de préférence, et dans ce que Blanc a souvent baptisé la recherche du talent. En fait de l’exploit personnel venant compenser le fait que l’équipe n’avait pas de réelle valeur. Les événements l’ont hélas prouvé, malgré le travail du sélectionneur pour dégager des particularismes. Notamment la possession de balle. Devant l’obstacle espagnol, il y a cependant renoncé. Erreur fatale ?

Cette faiblesse qui puise aussi sa source dans un championnat de Ligue 1 médiocre, explique d’une certaine façon les choix de Blanc sur ses 23 noms et, du coup, les ennuis qui allaient suivre comme une implacable conséquence. À méditer.

le 26/06/2012 à 06:57 À Donetsk, Christian Frichet

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