FC Sochaux-Montbéliard Les plus courtes sont les meilleures !

le 08/05/2012 à 05:02 Sébastien Daucourt
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Explosion de joie à Bonal. Ryad Boudebouz, Joseph Lopy et Cédric Bakambu se précipitent sur Sébastien Roudet, qui vient d’inscrire en toute fin de match un but capital dans la course au maintien en Ligue 1. Photos Lionel Vadam

Explosion de joie à Bonal. Ryad Boudebouz, Joseph Lopy et Cédric Bakambu se précipitent sur Sébastien Roudet, qui vient d’inscrire en toute fin de match un but capital dans la course au maintien en Ligue 1. Photos Lionel Vadam

Héros d’un match au niveau par ailleurs très faible, Sébastien Roudet a inscrit hier soir face à Nancy, à la 85e minute, un but capital qui permet au FCSM, ô miracle, de quitter enfin la zone de relégation (1-0). Les chances de maintien sont nettement réévaluées à deux journées de la fin du championnat.

On ne sait pas encore quand est prévue la prise de mesures, puis le moulage de sa silhouette. Peut-être les sculpteurs devront-ils patienter encore une dizaine de jours, la saison se terminant dimanche prochain face à Marseille. Toujours est-il que le socle est déjà posé devant Bonal, et n’attend plus que la statue de Sébastien Roudet. Un milieu de terrain qui a connu jusqu’ici une saison à mille lieues de son potentiel… mais qui, en quelques secondes, a balayé toutes ces considérations. « Franchement, après son but, je lui ai dit que je l’aimais », avouait hilare Ryad Boudebouz après coup. Plus de 18 000 personnes, présentes hier soir à Bonal, ont également crié leur amour, en même temps que leur soulagement, dans un rugissement puissant qui restera gravé dans les mémoires. On jouait alors la 85e minute d’un match fermé, d’une faiblesse technique parfois abyssale. On hésite d’ailleurs à parler de cette première période indigente, ponctuée d’erreurs techniques grossières et d’un rythme d’une rare lenteur des deux côtés. Fort heureusement, à la pause, Éric Hély a pris la parole. Et trouvé, une fois de plus, les bons mots. « Je leur ai dit que si on voulait espérer, c’était aujourd’hui ou jamais », confie-t-il du bout des lèvres.

L’entraîneur sochalien a dû également y mettre la bonne intonation, car au retour des vestiaires, on a enfin trouvé un FCSM conquérant. Jeune, certes. Affaibli potentiellement par les incalculables blessures et suspensions, c’est vrai. Mais diablement motivé à l’idée de réussir un coup fumant au classement. Dès lors, la rencontre avait basculé du bon côté.

« Au niveau de l’intensité, de l’envie, Sochaux était alors au-dessus, reconnaissait le coach lorrain, Jean Fernandez. Ils avaient le ballon, ils étaient agressifs dans les duels et plus déterminés que nous ». On a longtemps pensé que cela ne suffirait pas. Et puis, il y eut cette passe mal assurée, qui n’est pas sans rappeler les offrandes des joueurs d’Évian il y a quelques semaines. Il y eut, surtout, ce jaillissement de Sébastien Roudet, courant ensuite vers son destin et vers celui de tout un club. Une balle piquée plus tard, Bonal explosait, savourant ce but tombé du ciel qui éclaircit considérablement l’horizon des « Jaune et Bleu ». Pour la première fois depuis la 21 décembre dernier, le FCSM n’est en effet plus relégable, et compte même une longueur d’avance sur le 18 e. De quoi rabattre le caquet de tous ceux qui, depuis la défaite à Ajaccio mercredi dernier, avaient déjà envoyé leur équipe au purgatoire. « Mais attention, prévient Boudebouz, quand on s’enflamme un peu, on se prend toujours une raclée derrière ». « Et dimanche à Caen, on aura une autre finale de Coupe du Monde à jouer ». Cette dernière phrase est signée Sébastien Roudet. Celui qui, en cette belle soirée de lundi, est passé du statut de recrue « moyenne » à la statue qui lui est promise en cas de maintien en Ligue 1 la semaine prochaine…

Jean-Charles Cailleux (6). Pas grand-chose à signaler pour lui, dans ce match sans incidence, et finalement facile à arbitrer. Mais Monsieur Cailleux a justifié sa réputation d’arbitre calme et serein. Ceux que l’on aime voir à l’œuvre en gros. Hormis une semelle (oubliée) de Sané sur Boudebouz (40e), on ne l’a pas vu faire de faute d’appréciation. Il aurait simplement pu se passer de l’avertissement qu’il a infligé, dans les arrêts de jeu, à Teddy Richert, sur une mauvaise compréhension.

* * *

Le fait du match : «Je ferme les yeux et je prie»
Cette 85e minute de Sochaux - Nancy restera peut-être « le » tournant de cette saison. À l’origine de la délivrance sochalienne, une passe latérale très mal assurée entre Traoré et Andre Luiz. La suite, c’est Sébastien Roudet lui-même qui la raconte : « Je profite de cette mauvaise passe, j’anticipe. Ensuite, face au gardien, j’étais parti pour mettre un plat du pied côté gauche, mais finalement je pique la balle… et je ferme les yeux en priant ! ». C’est donc prouvé : Dieu existe !

le 08/05/2012 à 05:02 Sébastien Daucourt

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