Sochaux : assumer sa position de force
Stéphane Dalmat a réalisé un match de haute tenue mercredi soir. Il faudra récidiver samedi à Caen. Photo Lionel Vadam
C’était facile de dire, mercredi soir après le sec 3-0 infligé à Monaco, que Sochaux ne pouvait pas perdre ce match. Ricardo, le coach monégasque avait eu « l’impression que son équipe disputait un match amical ». Le capitaine de l’ASM, François Modesto parlait lui d’une formation sochalienne « qui jouait sa vie ».
Oui, les hommes de Francis Gillot avaient effectivement bien compris l’enjeu et après 5 minutes de jeu, le feu avait déjà pris dans la maison azuréenne. Seulement, si c’est encore une soirée de malheur qui accompagne les Sochaliens, rien ne dit que Gakpé ou Park ne font pas trembler les filets doubistes en première mi-temps. Et il n’y a plus qu’à pleurer. Parce que derrière, avec la confiance qui change de camp, vous connaissez la chanson de la spirale infernale…
Et donc, même si le FCSM a pleinement mérité sa victoire, Francis Gillot ne soulignera jamais assez que « les petits détails sont là pour tout changer ». Les détails, si on ose les appeler ainsi, ce sont donc par exemple les superbes arrêts de Teddy Richert face aux deux attaquants de Monaco. Ceux qui ont permis au gardien franc-comtois de se défouler sur ceux qui l’ont malmené cette saison, en affirmant qu’il n’était plus aussi décisif qu’avant… « On pourra toujours dire qu’on m’a tiré dessus », a t-il pu ironiser.
On est là pour les maintenir dans le droit chemin
Le petit détail qui tue, c’est quand Micka Isabey bénéficie de deux contres favorables avant de centrer « à l’arrache » sur… Modesto qui marque contre son camp avec le ballon qui tape le poteau avant de rentrer. On pourrait en citer d’autres, de ces détails -comme ce premier but qui est marqué de la semelle par Martin- qui changent le cours de l’histoire.
Mais là, ce n’est pas la chance qui a sévi. C’est d’abord le talent de Teddy Richert ; c’est l’énorme combativité d’Isabey sur le 2 e but ; c’est le jeu du FCSM qui sur une action rapidement menée avec la volonté de Mikari a placé Martin dans une position idéale.
Dans tous les cas, il y a eu cette rage de vaincre qui a fait la différence. Quand en plus, Dalmat est le grand patron que l’on aime à la baguette et que Pichot évolue à son meilleur niveau en faisant preuve d’une extrême rigueur, non, il n’y a pas grand-chose qui peut arriver à ce FC Sochaux-là.
Tous les observateurs de la Ligue 1 s’accordent à dire qu’à Sochaux, l’enjeu n’a pas eu d’emprise sur le jeu. Que Sochaux ne mérite pas de descendre. Que Sochaux va s’en sortir. Combien sont les entraîneurs qui ont même dit : « J’espère que Sochaux restera en L1 » ?
Cela va forcément droit au cœur de Francis Gillot quelque part salué par ses pairs et la presse, pour sa volonté de demander toujours à ses joueurs de déployer du beau jeu. Ce n’est pas suffisant. La preuve, Sochaux est toujours en proie à la relégation. L’équipe saura t-elle réaliser deux bons matches de suite ? « On est là pour maintenir les joueurs dans le droit chemin car on n’est pas dans une situation où on peut s’enflammer ». « Mais c’est vrai que si on arrive à gagner à Caen ou à ne pas perdre, on sera bien parti pour y arriver », conclut le coach.
Sauf que Caen, avec le couteau sous la gorge, est prêt à jouer le match de sa vie, de la dernière chance.
Yvan Goepfert








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