Le billet du match Les faits papillon
Une seule seconde. Infime fraction de vie. Hier soir. 20h46. Il y a cet arbitre, sueur au front, qui consulte sa montre et donne péniblement son ultime coup de sifflet. Ce joueur, ancien capitaine et vrai bon mec, qui jette un coup d’oeil à l’homme en noir. Redescend furtivement ses chaussettes, et lève les bras au ciel. Ce gamin, haut comme trois pommes, qui regarde son idole au crâne rasé. Comprend que c’est fini. Que c’est gagné. Et lâche un cri libérateur, de sa voix stridente, dans le ciel de Bonal. Il y a aussi ce stadier, trépignant d’impatience sur le parking qu’il surveille consciencieusement. Gilet orange fluo. Ongles rongés à force de vibrer par procuration. Il entend le gamin, et tous les autres, laisser exploser leur joie. Et serre le poing, bien haut. Cette automobiliste, de passage à Montbéliard, assiste amusée à la scène. Son père est au stade. Son mari aussi. Elle, le foot, ce n’est guère son truc. Mais elle imagine ses « hommes », forcément en transe dans la tribune... et klaxonne joyeusement. Trois, quatre, cinq fois. Pourquoi ? Parce que le FC Sochaux en Ligue 1, c’est un peu de bonheur pour toute une ville, toute une région. Parce qu’en ces temps difficiles, cette « simple » équipe de football est capable de faire entrer en communion toute une population. De l’arbitre à l’automobiliste. Même si ce n’est que l’espace d’une seconde...








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