Héricourt Prothésiste dentaire, un métier où se mêlent art et technicité

le 30/07/2012 à 05:00 Hervé Haustete
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Jean-Paul Desforges  ( au second plan) estime que le numérique envahira les laboratoires de prothèse dentaire au cours des prochaines années.  Photo Hervé Haustete

Jean-Paul Desforges ( au second plan) estime que le numérique envahira les laboratoires de prothèse dentaire au cours des prochaines années.  Photo Hervé Haustete

Méconnu, le métier de prothésiste dentaire relève d’avantage de l’art de la sculpture que de la simple technique du moulage. Exemple à Héricourt.

La profession de prothésiste dentaire est une profession artisanale qui relève, à ce titre, de la chambre de métiers mais elle n’est pas soumise à des restrictions réglementaires comme le sont les métiers de la coiffure, par exemple, qui exigent des qualifications spécifiques. Néanmoins, pour devenir un bon prothésiste dentaire, il faut de solides compétences. « Dix ans d’expérience sont nécessaires pour effectuer la plupart des missions qui nous sont confiées par les dentistes », confirme Jean-Paul Desforges qui travaille à Héricourt avec son collaborateur Jean-Louis Lazaret dans un petit laboratoire à la réputation bien établie. « Notre travail consiste à créer des pièces uniques et sur mesures poursuit Jean-Paul Desforges. On s’accorde généralement à reconnaître que nos réalisations relèvent à 80 % de la technique et à 20 % de l’art. Nous travaillons à partir d’empreintes qui ont été prises dans un cabinet dentaire et nous devons créer, à partir de celles-ci, une copie en relief de la bouche pour travailler sur une ou plusieurs prothèses ».

Ces prothèses relèvent de deux familles : les prothèses fixes appelées dans le métier « conjointes » comme les couronnes et les prothèses mobiles appelées « adjointes » comme les dentiers, certains implants ou bridges. Pour réaliser une couronne, il faut créer une maquette en cire dans laquelle sera coulé un métal répondant à des normes chirurgicales selon la technique de la cire perdue. Pour un dentier, c’est un squelette en métal qu’il faut couler ou une résine sur lequel seront fixées des dents en matériaux synthétiques.

Il est évidemment beaucoup plus difficile de réaliser une prothèse complète de la bouche qu’une simple couronne mais chaque création a ses propres contraintes et la réalisation d’une dent ou d’un appareil dentaire est une véritable sculpture en miniature. Les matériaux et les soins évoluent très vite et il est nécessaire pour les prothésistes d’évoluer au même rythme.

« Nous travaillons désormais sur des oxydes de zirconium qui nécessitent une cuisson au four à 1 450 °C confirme Jean-Paul Desforges. En dix ans nous avons modifié complètement notre manière de travailler. Nous insistons désormais pour disposer d’une photo très précise de la bouche du patient, ce qui permet de voir des détails que ne révèle pas l’empreinte. Notre objectif reste cependant toujours le même : rendre au patient sa capacité de sourire ».

le 30/07/2012 à 05:00 Hervé Haustete

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