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le 09/02/2010 à 02:29

Santé

La facture de la grippe H1N1 va donner la fièvre aux finances publiques

La facture de la grippe H1N1 en France et dans le monde s’annonce douloureuse financièrement et coûteuse politiquement.

Six millions de Français se sont fait vacciner contre la grippe H1N1. On est bien loin des prévisions du gouvernement, qui avait massivement investi dans l’achat de vaccins, de masques et d’antiviraux comme le Tamiflu. Face à cette indifférence des Français, la ministre de la Santé a décidé de fermer les centres de vaccination tout en autorisant les généralistes à pratiquer des vaccinations. Ce qui leur était interdit initialement, contrairement à leurs homologues belges ou allemands. Le 4 décembre dernier, Roselyne Bachelot, interpellée sur son refus de mettre les généralistes à contribution, répliquait : « Selon les études que nous avons menées, basculer la vaccination sur la médecine libérale triplerait a minima le coût de la logistique et du paiement des professionnels ».

Le président du syndicat de médecins libéraux CSMF démentait cette estimation, ajoutant que « les généralistes et les pédiatres libéraux pourraient vacciner un million de personnes par jour ».

À l’heure de l’addition, ce débat n’a rien d’anodin. Dans un article publié le 27 janvier dernier, Le Canard enchaîné révélait que le coût de la vaccination collective était de 200 millions d’euros pour 5 millions de personnes vaccinées. Le gouvernement avait estimé que vacciner 75 % des Français coûterait 250 millions d’euros.

Le problème du remboursement

Mulhouse (lire ci-dessous) a chiffré à 40 000 € le coût de son centre de vaccination. La facture lilloise est de 260 000 €. Elle est de 100 000 € pour Nantes et 96 000 € pour Toulouse.

Curieusement, il est souvent difficile d’obtenir le montant dépensé par les villes. On renvoie à la préfecture qui a géré le dispositif. La question qui taraude aujourd’hui les élus est de connaître les modalités du remboursement.

La ville de Belfort a mis à disposition de cette opération la Maison des associations où 7000 personnes ont été vaccinées.

L’état a prévu en octobre dernier qu’il y aurait remboursement d’une « indemnité périodique d’occupation ». Elle prendra en compte les frais de fonctionnement des centres. Les communes qui ont dû annuler des manifestations culturelles ou sportives dans ces locaux pourraient être indemnisées. Les rémunérations de personnel aussi.

La facture globale de la grippe H1N1 en France avait été estimée entre 1,8 et 2,2 milliards d’euros par les sénateurs lors de l’examen du budget de l’assurance maladie. Ils avaient précisé que cette fourchette ne comprenait pas « le coût supporté par les collectivités territoriales ».

« Imprévisibilité et mauvaise gestion »

Le Sénat avait pointé du doigt l’achat de masques. 46,17 millions d’euros supplémentaires ont été provisionnés pour acheter 92 millions de masques. Or, la « commission des finances avait émis de nettes réserves quant à l’imprévisibilité de ces acquisitions qui semblaient moins résulter de l’urgence que de la mauvaise gestion de stocks de produits de santé constitués en cas de pandémie ».

En fait une partie des stocks, officiellement périmée, si l’on se réfère à la date limite d’utilisation, est quand même utilisable. Au total, la France a stocké 1,5 milliard de masques « au cas où ».

Un autre débat a porté sur le remboursement de cette campagne qui pourrait être en grande partie à la charge de l’assurance maladie. Les mutuelles pourraient être aussi mises à contribution, ce qui, selon Les Échos pourrait leur coûter « plusieurs centaines de millions d’euros ». Mais elles ne sont pas prêtes à céder sans combattre. Il y a fort à parier que si les mutuelles doivent mettre la main à la poche, elles risquent de répercuter sur les cotisations de leurs adhérents ce nouveau manque à gagner.

Dossier réalisé par Raymond Couraud

 

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