Guillaume, êtes-vous conscient d’avoir laissé passer une belle opportunité d’assurer le maintien face à Pontault-Combault ?
C’est clair. Désormais, on n’a plus beaucoup de chances de rester en D2. Face à Pontault, l’équipe n’a pas su saisir les multiples occasions de tuer le match. Pourtant, ces occasions, on les a eues, mais un ensemble d’erreurs a fait que...
Avez-vous des explications ?
Il y a toujours des explications. Nous avons été trop fébriles en attaque, le changement de choix tactique en défense pendant le match n’était pas le bon. En fin de match, on n’a rien assumé… Il n’y avait plus de gauchers sur le terrain à cinq minutes de la fin. Des exemples, il y en a foison...
Depuis trois jours, je suis dégoûté de tout
À vous écouter, on ressent un sentiment de gâchis ?
C’est exactement cela. Depuis trois jours, je suis dégoûté de tout. Je ne veux plus entendre parler de handball, de match, d’entraînement… Cela va être difficile de se remotiver pour aller à Dijon défendre notre ultime chance. En plus, nous les anciens, nous avons vraiment l’impression de revivre le même scénario qu’il y a trois ans. Quelque part, le club n’a donc pas su tirer les leçons du passé.
Au final, c’est un peu la saison de tous les regrets ...
Tout à fait. si on fait le bilan depuis la reprise en août, on se rend bien compte que cette saison a toujours été perturbée. On n’a pas eu trop de chances avec de nombreux blessés, comme Milosevic, Berra, Kabaselé, Sadaoui… En plus, notre préparation de saison a été catastrophique avec un stage d’une semaine en région parisienne où nous sommes partis à neuf pour ne rien faire, puisque il y a eu deux blessés immédiatement. La mise à l’écart de Sam Salami n’a pas arrangé les choses. Le manque de sérieux à certains entraînements qui commencent en retard, où on se retrouve à six… Bref, c’est tout un ensemble accumulé de petites choses qui font qu’ajourd’hui, sans doute, on paie l’addition. Heureusement, il y avait un collectif qui a vécu dans une bonne ambiance. Autrement, il y a longtemps qu’on serait parti au clash.
Le club a décidé en janvier dernier de se séparer de Sam Salami. Comment le groupe a-t-il ressenti ce départ ?
Nous étions tous déçus, car sur le plan humain, c’est profondément injuste. Se séparer de Sam, c’est oublier un peu vite tout ce qu’il a fait pour le club. Si nous avions suivis sa voie, nous n’en serions pas là aujourd’hui...
Pour couronner le tout, il semble que des joueurs comme Kokanovic, Guers, Rougeot, Michel, Milosevic, Sadaoui et vous-même, soient susceptibles de quitter le Bauhb ?
Il faut que le club réagisse très rapidement. À force d’attendre, il est clair que la situation va aller en se dégradant. Des gars comme Kokanovic, Guers, il faut quand mêmes les garder, non ? Si le Bauhb veut se séparer de certains (ndlr: Milosevic et Sadaoui notamment), il faut réagir et même agir pour les autres. Les rumeurs vont vite dans le monde sportif. Plus les semaines passent, et plus je reçois de contacts. Or, comme les autres, j’aimerais quand même savoir ce que le club va me proposer, ce qui va se passer à Belfort… Et si le Bauhb veut rebondir rapidement, il faut changer des choses, des personnes...
Il faut changer des choses, des personnes
Samedi, le Bauhb dispute son dernier match à Dijon. En tant que capitaine, vous vous devez de mobiliser vos troupes. Croyez-vous en un possible exploit ?
Après le match face à Pontault, nous étions tous effondrés et nous pensions que Belfort avait perdu toutes ses chances. Je ne nous voyais pas gagner à Dijon et Villeurbanne s’imposer à Gonfreville. Aujourd’hui, le raisonnement a changé. Cela reste un match comme un autre, et ce n’est pas maintenant que je vais baisser mon short. Je vais me remotiver, remobiliser l’équipe pour au moins donner le maximum sur cette dernière rencontre. Et si miracle il doit y avoir...
Propos recueillis par Pascal Pigatto