Au départ sans qualification et simple ouvrier, Murat Tuysut est aujourd’hui à la tête d’Est Volailles, une entreprise en pleine expansion, et envisage de créer une nouvelle usine.
ANJOUTEY
Dans le petit bureau de son entreprise à Anjoutey (Territoire de Belfort), Murat Tuysut est fier de montrer le trophée qui vient de lui être décerné par Eko Vitrin, une revue turque qui désigne les hommes et femmes de l’année dans des branches très diverses. Murat Tuysut figure en bonne place à côté de ministres, maires de grandes villes, présidents directeurs généraux, industriels, banquiers…
Comment est né ce trophée ?
Le trophée a été lancé il y a huit ans et est décerné chaque année. Le choix est arrêté par un jury après un vote général. Entre février et mars, il y a eu 10 802 votes. Au départ, il faut être candidats. En France, il y en avait 28 et trois ont été retenus, un de Lyon, un autre du sud de la France.
Vous vous y attendiez ?
Non, je ne m’attendais pas à être élu. Et encore moins à remporter ce trophée. Je suis très fier d’avoir reçu la statuette des mains du ministre du Transport en personne à Istanbul. J’ai eu les honneurs de la presse et de la télévision. C’est une jolie récompense, une reconnaissance du travail réalisé. Je suis le premier Turc à avoir créé une marque déposée dans la volaille et les produits surgelés en France.
Actuellement, c’est la crise. Ça marche comment pour vous ?
Très, très bien. Cela dépasse nos espérances. Nous sommes spécialisés dans la volaille halal et nous sommes devenus en quelques années le premier distributeur avec 4000 tonnes l’an dernier. Nous en espérons 5000 cette année et c’est bien parti avec un mois de mai record, près de 400 tonnes, en raison de la grippe porcine. Les difficultés rencontrées lors de l’alerte de grippe aviaire ont fait se diversifier l’entreprise. Nous avons complété la production avec des produits élaborés frais ou surgelés. La marque Sebil est connue maintenant dans toute l’Europe.
Avez-vous des projets d’extension ?
Très certainement. Nous comptons implanter une usine de production sur 5000 hectares à Anjoutey, portant le nombre de salariés à 70 personnes, dont 35 à la volaille. L’investissement prévu est de l’ordre de 5 M €. Nous pensons passer ainsi d’un chiffre d’affaires de 8,6 M € à plus de 12 M €.
Propos recueillis par Dominique Lhomme