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Peugeot-Citroën

FC Sochaux : qui est le vrai patron ?

Alain Cordier, le président de la SASP FC Sochaux-Montbéliard : « Le club, c’est un enfant de Peugeot. Si le père meurt, il peut toujours survivre par d’autres moyens. Mais il n’est pas envisageable de souhaiter un malheur quelconque à Peugeot ». Photos Lionel Vadam

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À l’occasion du match entre Sochaux et Nancy, samedi dernier, Alain Cordier a accepté de nous expliquer son rôle ainsi que l’implication du constructeur PSA Peugeot — Citroën dans le club.

Beaucoup de monde connaît le président délégué du FC Sochaux-Montbéliard, Alexandre Lacombe. En revanche, Alain Cordier, vous êtes le président mais très peu de gens vous connaissent. Quelles sont vos missions ?

Je suis cadre dirigeant du groupe PSA depuis une vingtaine d’années. Je ne peux pas citer un métier précis dans le sens où j’en change tous les trois ou quatre ans. Mon rôle consiste à relever des challenges pour le compte du groupe automobile. Une mission toute particulière m’a été demandée par la famille Peugeot il y a une douzaine d’années. C’était celle de reprendre en main le club de Sochaux-Montbéliard, à l’époque dans une situation peu favorable, pour le redresser. Bien évidemment, depuis Paris, il n’est pas possible de tout faire. C’est pourquoi, nous avons choisi de créer une structure avec un président délégué. À Sochaux, Alexandre Lacombe est « l’homme de terrain ».

Être en retrait des médias, des joueurs et finalement même du public, est-ce une volonté ? Pourquoi ?

C’est une volonté, tout simplement par indisponibilité à pouvoir jouer véritablement le rôle de président. Mais dire que je suis loin de tout est faux. Je suis très près du club, très près des joueurs que je vois assez régulièrement, et je travaille avec Alexandre Lacombe de manière quasi-quotidienne.

Comment se traduit le « partenariat » ou plutôt l’implication de Peugeot, ici dans le club de Sochaux ?

Il y a un très fort attachement de l’actionnaire de référence de la famille Peugeot à ce club fondé par Jean-Pierre Peugeot en 1928. Il constitue un outil d’animation sur le plan local extrêmement important, avec une dimension sociale, ludique et commerciale. Il faut savoir que les retombées directes du club sont de 15 à 20 millions d’euros pour l’ensemble des commerçants de la région, ce qui n’est pas négligeable. Ce qu’attend la famille Peugeot de ce club, c’est qu’il véhicule toutes les valeurs du groupe, de chaleur, d’humilité, de rigueur, de formation, d’émotions… et qu’il soit exemplaire en la matière. Il ne nous est pas demandé de gagner de l’argent avec ce club. Il nous a été demandé d’arrêter d’en perdre. Ce qui était le cas, avant que je n’arrive. Ce qui, bon an, mal an, nous arrivons à faire avec des saisons qui sont plus ou moins bonnes. Globalement, nous sommes à l’équilibre.

À une époque où l’argent a plus de pouvoir que la passion, la crise automobile a-t-elle fait craindre que Peugeot se désengage un jour de Sochaux ?

À aucun moment. C’est une certitude. Je crois pouvoir dire que quoi qu’il arrive, le club restera dans l’univers Peugeot.

Sincèrement, que deviendrait le FCSM sans Peugeot ?

Le club, c’est un enfant de Peugeot. Si le père meurt, il peut toujours survivre par d’autres moyens mais ce n’est pas envisageable de souhaiter un malheur quelconque à Peugeot.

Le stade Bonal est situé à côté de l’usine PSA. D’un côté, nous avons des salariés qui débrayent pour dénoncer les conditions de travail et essayer d’obtenir des salaires plus décents… et de l’autre des joueurs qui gagnent très très bien leur vie. Les deux ont le lion sur la blouse ou le maillot, mais finalement n’est-ce pas deux mondes radicalement opposés ?

Il faut bien distinguer les deux choses. Le groupe réalise des investissements extrêmement lourd pour produire 3008 et 5008 qui font aujourd’hui le bonheur de l’usine de Sochaux. Nous sommes dans des notions de dimensions totalement différentes par rapport à ce que représente le poids économique du club. Quand on compare, le budget global du FCSM, ce n’est strictement rien par rapport à un investissement pour produire un véhicule. Il ne faut pas mélanger… Le fait que des joueurs soient plus payés que des opérateurs, voire même des cadres dirigeants, c’est tout simplement le marché qui le veut. Il faut savoir si on souhaite se séparer de nos joueurs et se retrouver en National ou en CFA.

Une question piège pour finir : pouvez-vous citer trois noms de joueurs de l’équipe réserve de Sochaux ?

Peybernès, Tulasne… Poujol, non… Il vient de remonter. (léger blanc) Bon, Privat, vous le considérez comme joueur de l’équipe première ?

Propos recueillis par Lionel Vadam

 

 

 

 

 


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