L’éleveur de chiens de race ne déclarait pas ses salariés et vendait fort cher des animaux malades aux clients.
Pressentant sans doute un après midi orageux devant le tribunal de Besançon mercredi, le couple d’éleveurs originaire de Suisse a préféré rester outre Jura. Dans la salle, une dizaine de leurs clients particulièrement affectés par leurs mésaventures. Entre 2004 et 2007, ils ont acheté parfois fort cher, de 1000 à 1500 euros, dans cet élevage de Pierrefontaine-les-
Varans des chiots de race qui semblaient avoir toutes les garanties sanitaires. Des akita inu, notamment, une race japonaise aux airs nordiques, très rare. Mais les petites boules de poils blancs adorées par les gosses sont vite devenues un cauchemar pour leurs maîtres. Certains étaient affectés par la maladie VKH qui provoque, cécité, dépigmentation et perte de poils. Une affection irréversible et mortelle. D’autres chiens souffraient très vite de dysplasie une maladie grave des articulations. Et comme les maîtres étaient souvent devenus très liés à leurs chiens, ils se sont parfois ruinés en soins. Lors de procès devant la chambre civile ils ont obtenu gain de cause et des indemnités que le couple n’a que très partiellement versées. S’il est cité en correctionnelle c’est parce que la tromperie était faite en toute connaissance de cause selon l’enquête. Impossible pour eux d’ignorer que certains couples de reproducteurs, par ailleurs à la limite admissible de la consanguinité, étaient affectés par ces maladies génétiques. Lors d’un contrôle en 2006 la DSV avait par ailleurs constaté la présence de 95 chiens au lieu des 50 autorisées. Sentant alors le vent tourner le couple avait plié bagage en laissant un trou de 400 000 euros derrière lui.
Au milieu des clients victimes, un salarié qui s’occupait des bêtes. L’homme assure avoir travaillé pendant plusieurs mois pour être « nourri, logé et blanchi » mais qu’il n’a touché ni salaire ni feuille de paye durant cette période « comme deux autres employés ». Des pratiques que le substitut Vukadinovic a fustigé vivement en réclamant un an de prison dont 8 avec sursis contre le mari, 3 mois avec sursis pour son épouse et une amende de 10 000 euros pour les deux. Leur avocat a contesté en bloc les accusations assurant que ses clients ne pouvaient déceler des maladies qui se déclarent en général vers l’âge d’un ou deux ans et que la preuve de leur mauvaise foi n’était pas établie. Il saura le 25 septembre prochain si les éleveurs obtiennent la relaxe qu’il a réclamé.