Il est très loin le temps de Jacques Calvet où les constructeurs japonais étaient supposés vouloir envahir et menacer l’industrie automobile en Europe.
La CGT considère que « Ces fiançailles ne sont pas en soi très surprenantes ». Néanmoins, la CGT souligne que « cette opération suscite une inquiétude certaine au sein des salariés PSA, qui s’interrogent sur les conséquences sociales d’un tel rapprochement ».
La volonté de s’internationaliser Aussi la CGT demande « une réunion d’urgence du Comité paritaire stratégique (composé des syndicats européens) afin d’avoir des informations complémentaires sur ce projet et ses conséquences éventuelles ».
La CFDT est aussi dans l’attente de précisions. « C’est sans doute une première étape et une porte qui peut en ouvrir d’autres. Mais nous ne savons rien pour l’heure de la stratégie industrielle et financière de PSA ».
Les autres réactions sochaliennes se rejoignent sur cette demande d’informations supplémentaires. Le sujet sera sans doute évoqué lors du comité central d’entreprise prévu le 15 décembre prochain.
FO revient pour sa part sur la joint-venture avec Mitsubishi, qui a donné naissance à Kaluga en Russie. « Ce site nous inquiète toujours parce qu’il est directement concurrent pour Sochaux et Mulhouse. Pour Renault, la Russie est un gouffre financier. Il se pourrait que cela soit aussi le cas pour PSA ».
La CFE CGC ne dissimule pas son agacement. « C’est en lisant la presse que l’on apprend ce qui se passe chez PSA Peugeot-Citroën. Nous demandons un peu plus de considération. Sur le fond, il est clair que le groupe affiche sa volonté de s’internationaliser. Mitsubishi a des atouts. Il est présent un peu partout avec une gamme de produits plus pauvre, mais complémentaire de celle de PSA Peugeot-Citroën aussi bien au niveau des 4X4 que des véhicules électriques. Nous n’avons rien à perdre si le mariage était consommé. Quoi qu’il en soit, l’image de PSA Peugeot-Citroën et de Sochaux tranche avec ce qu’elle était, ne serait-ce qu’il y a un an de cela » .
Au SIA/GSEA, les fiançailles des deux constructeurs ne surprennent pas et suscitent une curiosité légitime.
Si des engagements étaient pris, PSA et Mitsubishi occuperaient le rang de sixième mondial. Le SIA/GSEA s’interroge « sur le montant dans la corbeille et sur ce que sera l’effectif au sein du groupe PSA dans les années à venir, alors qu’il sera question de 6 000 départs lors du prochain comité central ».
Jacques Balthazard