La réalisatrice d’ Atlantiques, court-métrage documentaire en compétition au festival EntreVues, évoque son passage belfortain et le propos fort pertinent, de son film.
Le propos de votre film, un homme qui souhaite quitter son Afrique natale pour tenter sa chance en Europe, trouve une résonance particulière dans la politique d’aujourd’hui. Quelles étaient vos intentions avant de tourner le court-métrage ?
L’intention première était de donner la parole à quelqu’un. Il ne s’agit pas d’une analyse géo-politique, mais de donner la parole à quelqu’un qui s’est réellement confronté à la mer et à ses dangers. Qu’est-ce qui pousse un jeune homme de 20 ans à quitter sa famille et son pays pour se mesurer aux éléments ? Je voulais aussi faire un film qui tranche avec ce qu’on entend partout, toutes ces choses réductrices qu’on entend, en ne faisant pas des jeunes Africains des victimes, mais en mettant l’Afrique au centre d’un sujet de fiction. Ce film n’a de sens que s’il est vu, si on en discute.
On sent dans ce film quelque chose d’intime. D’ailleurs, un certain Alpha Diop apparaît au générique ?
Le tournage s’est passé rapidement. Sarigne, le héros du film, est le meilleur ami de mon cousin (Alpha Diop) à Dakar. Je lui ai proposé l’idée, et deux heures après nous sommes partis en voiture. Tout s’est bien passé, nous avons été dans un endroit pour tourner. Nous avions une lumière électrique pour l’éclairage, mais très vite, une panne est survenue. C’est là que nous avons eu l’idée du grand feu. Après, Sarigne a fait le reste, il s’est raconté. Je ne l’avais jamais vu comme ça avant. Il s’est vraiment livré.
Tony Oberrieder