Le chantier qui s’ouvre pour le football français est immense. Et pas seulement en raison de la grève des mutins de Knysna et les premiers pas plus que poussifs de la sélection de Laurent Blanc.
Il y a bien eu un rayon de soleil cet été avec le titre de champion d’Europe des 19 ans. Mais la morosité a vite repris le dessus, illustrée par une grande désillusion pour les espoirs, incapables de se qualifier pour l’Euro 2011 de leur catégorie.
C’est la troisième fois d’affilée que les espoirs manquent l’occasion de se frotter au plus haut niveau, signe évident d’un effritement de la qualité de la formation à la française. Les jeunes entraînés par Erick Mombaerts avaient pourtant un groupe largement abordable, mais ils n’ont pas été capables de battre une seule fois l’Ukraine et la Belgique, terminant à la 3 e place synonyme d’élimination.
Le pire est peut-être que la Fédération française n’a pas dégagé tous les moyens pour cette équipe. Ainsi, Laurent Blanc fait l’objet d’intenses critiques pour avoir emmené en Norvège (pour un match amical) trois cadres des espoirs (Mvila, Sissokho et Sakho) alors que ceux-ci disputaient le même jour un match capital à Vannes face à la Belgique. « Comme tout le monde s’en fout, on devrait arrêter cette équipe », a lâché, dépité, Christian Teinturier, vice-président de la Fédération qui accompagne cette formation.
Erick Mombaerts, le sélectionneur, va participer à la réflexion sur l’état général du football français. « Il faut vite mettre en place un plan de bataille, a-t-il souligné, car ce n’est pas par l’opération du Saint-Esprit que l’on va reprendre la trajectoire du haut niveau ». S’il est en panne d’inspiration, il pourra toujours proposer la création d’une équipe du désespoir. Là où s’est enlisé le football français cet été.