Hier matin, les Montbéliardais ont découvert stupéfaits l’ampleur des dégâts provoqués par le terrible orage de grêle qui s’était abattu la veille sur la Cité des Princes et les communes limitrophes. « On n’a jamais vu ça », était la phrase la plus entendue. Et « ça », c’est bien sûr les grêlons d’une taille impressionnante, « comme des balles de tennis », témoignent plusieurs sinistrés. Et chacun se consolait d’apprendre que, finalement, hormis quelques bobos superficiels, l’orage n’avait fait aucune victime. « C’est un miracle », répète le sous-préfet Serge Gouteyron, imaginant les conséquences d’un tel cataclysme s’il était survenu à la sortie des classes par exemple.
Allô les pompiers…
Les dommages matériels en revanche sont énormes. Il sera difficile de chiffrer avec précision le nombre de tuiles, de verrières, de fenêtres de toit cassées. Avec les conséquences que l’on sait en matière d’infiltrations d’eau et de dégâts dans les logements. Tout aussi impossible à établir est le nombre des véhicules endommagés.
Les dégâts, ils étaient visibles également sur la plupart des façades situées côté ouest des immeubles de la Petite-Hollande, où vivent 11 000 personnes. « L’organismelogeur Habitat 25, à lui seul déplore 703 logements endommagés », signale le maire Jacques Hélias. Gros dégâts aussi aux serres communales, dont les 5000 m² de verre et de toile plastifiée sont hors service. Du jamais vu ! Un chiffre éloquent : jusqu’à 1200 appels sont parvenus au standard du Codis du Doubs (centre opérationnel) au cours de la soirée et de la nuit de mercredi pour le seul pays de Montbéliard. Rien que pour la ville de Montbéliard, les sapeurs sont intervenus à 500 reprises, le plus souvent pour des toitures endommagées. Par mesure de précaution, toutes les écoles élémentaires de la Cité des Princes sont restées fermées hier ainsi que le collège Guynemer et plusieurs gymnases et équipements sportifs. Deux haltes-garderies, un musée et le site du château de Montbéliard également, ainsi que la Roselière. La plupart devraient rouvrir aujourd’hui.
Catastrophe naturelle
Bref, le pays de Montbéliard a du pain sur la planche pour panser ses plaies, mais aussi pour sécuriser et remettre en état les bâtiments publics et les maisons individuelles.
Évidemment, qui dit dégâts pense coûts. Qui va payer ? Les assurances ? L’État ? Jacques Hélias entouré de Pierre Moscovici, député, président de la CAPM et de Martial Bourquin sénateur-maire d’Audincourt ont reçu le préfet de Région, préfet du Doubs Nacer Meddah à qui ils ont soumis une demande de classement en état de catastrophe naturelle. « Il y a le problème des dégâts, mais aussi le problème des franchises. Si l’on veut se sortir de cette situation, on a besoin de l’aide de l’État », a plaidé Jacques Hélias. « On compte sur la solidarité nationale », ont insisté Pierre Moscovici et Martial Bourquin. Le préfet s’est engagé à « tout faire pour que cette demande soit instruite »
José Gonzalvez