Son talent est indiscutable. Et indiscuté depuis des années. Pis même, il ne fait qu’attiser les regrets de n’avoir pas vu un tel joueur s’épanouir au plus haut niveau. Stéphane Dalmat fait pourtant partie du cercle très fermé des joueurs de Ligue 1, capables d’envoûter l’œil, de faire frissonner le spectateur de plaisir par leur aisance technique, leur coup de patte, leur vision du jeu. Et leur puissance. Décisif, contre Lille sur une accélération balle aux pieds, modèle du genre, le milieu sochalien a réitéré face à Nancy. Deux buts importants, témoins du bien-être actuel de Stéphane Dalmat au milieu de cette troupe jaune et bleu qui, malgré son match nul contre Nancy, veut positiver pour voir l’avenir sous les meilleurs auspices. Avec une place, bien au chaud dans le tableau de Ligue 1, et à l’abri, quoiqu’ils en disent de toute catastrophe, les Sochaliens ont toutes les cartes en mains pour conduire une carrière en Coupe de France. Et si Stéphane Dalmat a déjà déclaré ne pas trop s’attacher aux trophées conquis dans sa carrière, la Coupe qui se profile ne le laisse pas indifférent. Lui qui s’attache, dit-il, aux valeurs de l’homme, ne peut ignorer l’excitante aventure humaine à vivre.
Stéphane, quel sentiment vous anime après ce match nul face à Nancy ?
En première mi-temps, nous n’avons pas été à la hauteur de ce que nous sommes capables de faire. On a eu à cœur de réagir, de montrer un autre visage ensuite, même si nous n’avons pas atteint le niveau des matches précédents. Je pense qu’il faut avant tout retenir le mental de l’équipe et le fait d’avoir eu les ressources pour revenir. Il ne faut pas être trop gourmand. Nancy était plus frais physiquement, et reste une formation capable de poser des problèmes aux meilleures formations de ce championnat. Par rapport au contexte, le point est très bon et j’espère qu’il comptera pour plus tard.
Vous restez malgré tout sur une bonne dynamique
Quand les résultats sont là, on prend beaucoup plus de plaisir sur le terrain. Être plus hauts au classement, nous permet de nous libérer dans le jeu, de jouer sur notre valeur. Continuons comme çà pour prendre les points nécessaires au maintien.
Le maintien ? Avec 15 points d’avance sur le premier relégable, Le Mans, vous en parlez encore ?
Bien sûr que nous aurions envie de nous dire que c’est acquis. Nous devons être ambitieux, c’est certain, mais dans le foot tout peut arriver. En plus, nous sommes encore traumatisés par nos deux précédentes saisons. Nous ne pouvons pas nous permettre, aujourd’hui, de dire que c’est acquis. Prenons d’abord les points, et nous verrons, ensuite, quel rôle plus intéressant nous aurons l’occasion de jouer dans ce championnat.
La présence d’Ideye vous ouvre t-elle des champs différents dans le jeu ?
Ideye nous donne plus de profondeur. Depuis l’accident de Davies, nous n’avions plus cette profondeur dans le jeu. Même la saison dernière, il nous manquait ce type de joueur. Ideye est costaud, fait beaucoup d’appels. Sur les trois matches qu’il a joués, on sent qu’il peut nous apporter beaucoup. Il va faire du mal aux défenseurs et j’espère qu’il va marquer des buts.
Sur un plan personnel, ne vous sentez-vous pas plus fort en ce moment ?
Ça se voit peut-être un peu plus parce que l’équipe est mieux. Mais franchement, je n’ai pas l’impression d’être meilleur que les autres saisons. Peut-être est-ce le fait d’être un peu plus décisif ? Quand vous marquez, ou faites des passes décisives, on vous remarque plus.
Sur le plan physique, vous semblez dégager une plus grande puissance ?
Non, je ne pense pas. C’est bizarre, paradoxal, je me sens même plus fatigué en ce moment, pas au top physiquement. C’est trompeur, mais c’est ce que je ressens par rapport à mon corps. Les gens ont l’impression qu’aujourd’hui, j’arrive à accélérer, mais cela a toujours été le cas. J’ai l’impression que les gens me découvrent, et se disent ; tiens, il est capable d’accélérer, alors que cela fait des années que je le fais.
Et la Coupe de France, à Beauvais, qu’en pensez-vous ?
J’y accorde une grande importance. Là, cette saison, il faut l’avouer, nous avons la possibilité d’aller loin en Coupe de France. On va la jouer à fond et essayer de passer le prochain tour. Après, si on arrive en quarts… Moi, je tiens beaucoup à cette Coupe de France, à la gagner. Cela ne servira à rien d’aller en finale, si ce n’est pas pour gagner.
Quel sera le danger, demain ?
La fatigue, le manque de récupération. Sur un match, avec Beauvais, il n’y a pas photo. En Coupe, cependant, cela reste toujours compliqué. À nous d’êtres sérieux.
Propos recueillis par Gilles Santalucia
LIRE AUSSI :
Les échos de Bonal
Beauvais a fait match
Beauvais, l’équipe de National, adversaire demain du FCSM en 8e de finale de la Coupe de France et dirigée par Alexandre Clément, a concédé à domicile un match nul (2-2) après avoir mené deux fois au score face à Troyes, le leader. Les buts ont été marqués par Makuma et Lippini contre son camp. Les Beauvaisiens occupent la 10e place du classement mais avec trois matches de retard sur les leaders. Dans ce duel, les Picards ont perdu leur meilleur milieu de terrain, Keita et Barralon.