D'anciens déportés polonais ont annoncé mardi qu'ils réclameraient «une aide humanitaire» à la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn, qu'ils considèrent comme l'héritière des chemins de fer du IIIe Reich qui les a transportés dans les camps de concentration.
«Les chemins de fer allemands veulent entrer sur le marché polonais et gagner de l'argent en Pologne. Ils ont déjà fait beaucoup de bénéfices pendant la guerre», a déclaré mardi à l'AFP le président d'une association de déportés, Stanislaw Zalewski.
«Nous voulons qu'ils consacrent une part de leurs bénéfices à titre d'aide humanitaire pour les anciens déportés et les travailleurs forcés», a-t-il expliqué.
«Le coût des soins médicaux et des médicaments est très élevé en Pologne, or la majorité de nos membres ont des revenus modestes», a ajouté M. Zalewski, président de l'Association polonaise des anciens prisonniers politiques des camps nazis, qui est à l'origine de cette initiative.
Selon des estimations d'une association allemande «Train de la mémoire» (en allemand Zug der Erinnerung) les trains allemands à l'époque de la seconde guerre mondiale «avaient encaissé l'équivalent d'au moins 445 millions d'euros» en participant aux déportations de milliers de personnes vers les camps de concentration nazis.
Deutsche Bahn a récemment déposé une demande après des autorités ferroviaires polonaises afin d'obtenir une licence pour assurer des transports de passagers.